Guillaume Canet : au-dessus de tout soupçon dans La prochaine fois je viserai le coeur

Alors que vient de sortir en salle La prochaine fois je viserai le cœur, le troisième long métrage de Cédric Anger, on replonge avec angoisse dans l’affaire sur-médiatisée du « Tueur de l’Oise ».

Hiver 78 : un horrible accident se produit après une poursuite mais le coupable hésite et n’achève pas sa victime ! C’est sur cette saisissante scène que s’ouvre le film très attendu de Cédric Anger. Et le spectateur est alors plongé dans une escalade de crimes perpétrés au hasard des rencontres. Commence alors une effarante histoire : celle d’un gendarme sérial killer qui présente bien le jour mais se transforme en assassin la nuit. Inspiré de l’affaire Alain Lamare, présente dans bon nombre de mémoires d’isariens, le réalisateur installe une atmosphère angoissante et saisissante tout au long de la traque du coupable, de la plongée dans l’inexplicable. En effet, Franck, interprété par l’incroyable Guillaume Canet, ne prend pas de plaisir à tuer, ce qui confère au personnage une énorme part de mystère qui entoure l’absence de raisons. Rien n’est rationnel dans ses actes. Et c’est bien là le plus déstabilisant, le plus captivant, le plus fascinant ! Cela fait froid dans le dos de suivre ce personnage angoissant qui évolue dans une atmosphère glaciale, soulignée par le choix de la lumière bleuté lors de certaines scènes clés.

Guillaume Canet livre ici une interprétation énigmatique qui relève d’une performance d’acteur indiscutable, à tel point que le spectateur est gêné d’éprouver autant d’empathie pour Franck avant de rejeter le personnage sans rien connaître de lui. La musique de Grégoire Hetzel apporte une intensité dans les sentiments jusqu’à déstabiliser. Les lieux de la tragédie sont dépeints avec réalisme (agression à Crépy en Valois, soupçons d’un agresseur à Pont Sainte Maxence…) bien que le tournage ait eu lieu dans le Nord-Pas-de-Calais. On peut regretter que les réels décors de cette horrible affaire n’ait pas servi de support pour le film, notamment les marais d’Houdancourt qui auraient pu contribuer à l’atmosphère angoissante d’une mémorable scène, première véritable faille dans le jeu du tueur qui sera arrêté quelques mois plus tard, en avril 1979, et déclaré irresponsable de ses actes. Grâce à cette adaptation du roman d’Yvan Stephanovitch, Un assassin au-dessus de tout soupçon, Guillaume Canet confirme qu’en plus d’être un réalisateur prometteur, il demeure un acteur d’exception dans ce rôle d’homme tourmenté.

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