Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler ! : la lutte continue

Un nouveau lieu a fait son apparition dans le OFF du Festival d’Avignon 2018 : le Théâtre Episcène, consacré à la scène belge. C’est dans cet endroit accueillant et novateur que nous pouvons découvrir la création de la Compagnie Biloxi 48, Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler ! de Christine Delmotte, une pièce sur le féminisme, portée par un quatuor de jeunes femmes qui brandissent avec engagement le manifeste de l’Histoire.

Aux armes, citoyennes, petites filles des sorcières que vous n'avez pas pu brûler ! © Isabelle de Beir
Aux armes, citoyennes, petites filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler ! © Isabelle de Beir

Nous sommes ici en plein cœur de l’histoire de la lutte des femmes et de ses acquis récents et fragiles. Pour avancer, nous avons besoin les unes des autres. Sur scène, quatre épisodes clés, marquants, pour quatre interprètes époustouflantes. Nous replongeons ainsi dans le combat des suffragettes en Angleterre, militant pour le droit de vote en 1913, mais qui ne verra le jour qu’en 1945, dans le droit à l’avortement en France en 1971, l’espoir de la jeune Malala au Pakistan concernant le droit à l’éducation en 2012 et enfin l’éclosion des Femen en Ukraine, la même année, avec le procès des Pussy Riots. Un siècle de lutte qui se solde par une proposition pour le futur, en 2097, pour garder l’espoir que tout ce qui a eu lieu n’a pas été vain.

Les quatre jeunes actrices belges n’ont pas connu les premiers combats et le sujet reste encore tabou dans de nombreuses familles ou dans les cercles amicaux. Parler de sexualité, de libération de la femme par le corps, de féminisme, de combat…, c’est s’exposer aux interrogations d’autrui, aux craintes aussi, aux regards teintés de soupçons. 2012 n’est pas si loin et la Russie n’est plus le bout du monde alors comment entendre et comprendre que Poutine ait pu renouer avec l’inquisition sans prendre en considération le passé qui est sensé servir d’exemples ? Il y a, définitivement, des choses qui ne s’expliquent pas et des retours en arrière à vomir.

La Compagnie Biloxi 48 fait preuve d’une véritable parole chorale et collective dans ce spectacle à conseiller à toutes les femmes, de toutes les générations, mais aussi aux hommes. A l’aide d’images d’archives dont elles sont la prolongation, Sophie Barbi, Daphné D’Heur, Mathilde Rault et Stéphanie Van Vyve donnent de leur personne dans une scénographie inventive et un propos instructif et pédagogique. La construction, cohérente, du texte, est un pur manifeste. Le poing levé, les seins nus, leur engagement est total, leur volonté est salutaire. Tout se déroule avec énergie, avec passion. On se souvient, on apprend, on se questionne, on s’émancipe un peu plus à chaque minute, tendant la main vers une liberté qui n’est pas totalement acquise et qu’il faut sans cesse renouveler puisque rien n’est fini.

« Chaque femme mérite d’être une combattante et de changer sa vie ». De nos jours, il reste du chemin à parcourir mais il est nécessaire de poursuivre, de placer chaque jour une pierre, l’une après l’autre, pour en finir avec le patriarcat et marquer la suite de l’histoire des femmes. Séduisantes, ces petites filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler sont la relève de chaque femme qui s’est battue pour ses droits, pour sa liberté ! Prenons les banderoles du courage et manifestons pour ce qui fait de nous ce que nous sommes et ce que nous avons le droit d’être : des êtres humains libres et égaux…


La rédaction a assisté à la représentation du mercredi 18 juillet 2018


Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler !

Texte : Christine Delmotte

Mise en scène : Christine Delmotte

Scénographie : Christine Delmotte et Noémie Vanheste

Assistanat à la mise en scène et vidéo : Fanny Donckels

Création sonore : Daphné D’Heur

Eclairages : Christine Delmotte et Antoine Vilain

Régie générale : Antoine Vilain

Distribution : Sophie Barbi, Daphné D’Heur, Mathilde Rault et Stéphanie Van Vyve

Durée : 1h20

  • Du 6 au 29 juillet 2018

Relâche les lundis

dans le cadre du Festival OFF d’Avignon

Lieu : Théâtre Episcène, 5 rue Ninon Vallin, 84000 AVIGNON

Réservations : 04 90 01 90 54

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