J’suis pas jalouse mais … : simplement in love

Il y a des hasards dans la vie qui font de belles rencontres, des amitiés qui s’installent sans que l’on n’y fasse attention. Et puis les sentiments évoluent. C’est un peu le parcours que nous avons suivi pour découvrir la pièce de Delphine Thelliez, J’suis pas jalouse mais…, au Théâtre de l’Orme, pour la dernière représentation de la saison : un message, l’envie de faire un pas dans l’inconnu, y aller et se laisser surprendre. La Compagnie Les Framboisiers nous entraîne dans une folle soirée d’anniversaire avec des convives hypocrites mais attachants qui ont beaucoup de vérités à dire.

J'suis pas jalouse mais... © Charline Minch
J’suis pas jalouse mais… © Charline Minch

Qui n’a jamais passé une soirée entre amis qui vire au règlement de compte au détour d’un jeu subtil et dévastateur de massacre verbal ? C’est ce qui attend tout le groupe réuni à l’occasion de l’anniversaire de Martin. Deux banquettes, une table avec quelques chaises et une petite desserte suffisent à nous transporter dans l’appartement où doit se dérouler la soirée. Des photos de bons moments entre amis ou de souvenirs marquants sont accrochées au mur. Thomas et Julie s’activent pour que tout soit prêt, entre deux batifolages derrière le canapé. Maxime, qui a l’alcool facile, se met facilement la tête à l’envers. Ensemble, ils se moquent d’Aurélien et de sa copine, Scarlet, parfaite pour lui : « on aime bien dire du mal de ce pauvre Aurélien, surtout derrière son dos ». Ils en profitent puisqu’ils ne sont que tous les trois, mais cela ne va pas durer très longtemps. L’arrivée de Philippine, l’ex de Martin, risque bien de faire des étincelles, notamment lorsqu’elle se retrouve en compagnie de Chloé, sa rivale et nouvelle conquête du cœur du héros de la soirée.

Les répliques fusent dans les entrailles de cette première pièce au fort capital sympathie d’une autrice à l’écriture mature et maîtrisée qu’il faudra suivre de près. Sa mise en scène affûtée et son style très fluide ne laissent aucun temps mort, aucun répit : le rythme effréné met à mal les hypocrisies quotidiennes qui peuvent exister dans les relations amoureuses et/ou amicales. Des non-dits, des petits secrets et les voici déjà dans la tourmente de situations improbables dont le public se délecte. Adèle Esseger fait des étincelles en garce pestouille que l’on admire pour son franc-parler : « la beauté intérieure, c’est ce qu’on dit aux moches pour pas qu’elles perdent espoir ». Très sûre d’elle-même pour masquer des blessures secrètes, elle s’oppose à Chloé, interprétée par la charismatique Marie Beaumont. Celle qui se définit comme « sympa, pas chiante mais p’t-être que j’couche pas assez » risque bien de vivre une inoubliable soirée. A elles deux, les comédiennes illuminent cette pièce intimiste où les spectateurs sont très proches et à aucun moment laissés dans un coin pour tenir les chandelles. Mention spéciale à Lise Borda qui campe la moche-niaise du groupe, Scarlet, dernière arrivée dans la bande. Idijatou Sadjo Barry est Julie, la bonne copine qui arrondit les angles avec bienveillance mais hypocrisie. Du côté des hommes, Pierre Sacquet est très drôle dans le rôle de l’enivrant Maxime tandis que Thibault Simon (Aurélien) et Aymeric Naudé (Thomas) sont d’un naturel déconcertant. Et comme toujours dans les soirées entre potes, il y en aura toujours un pour relancer la machine, pour « foutre la merde » comme on dit avec un regard extérieur scintillant de jalousie.

J’suis pas jalouse mais… parlera à tous. Ce Feydeau des temps modernes est un super moment à vivre en solo ou entre amis. Révélations, rebondissements, quiproquos et règlements de compte sont au menu de cette savoureuse écriture montée par une distribution sucrée et pétillante comme un bon champagne. Ce soir-là, comme à chaque représentation, nous avons eu le sentiment d’être de la partie, sur scène, avec ces protagonistes attachants qui auraient tout à fait leur place dans notre cercle amical, à la fois naturels et spontanés. Nous rigolons énormément. Le public est invité à la fête qui passe bien trop vite à notre goût. On en redemande !


J’suis pas jalouse mais …

Texte et mise en scène : Delphine Thelliez

Avec : Idijatou Sadjo Barry, Marie Beaumont, Lise Borda, Adèle Esseger, Aymeric Naudé, Pierre Sacquet, Thibault Simon.

Durée : 1h00

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