Camille lève le voile sur un Ouï inouï

On ne présente plus Camille. Que l’on aime ou non son univers, l’artiste ne laisse personne indifférent. C’est au Printemps de Bourges qu’elle a choisi d’offrir la deuxième date de son nouveau spectacle, après sa création début avril à Nîmes, après quatre ans d’absence. Fascinante, elle a su surprendre les auditeurs venus nombreux applaudir la funambule de la chanson française, constamment sur le fil du succès, en levant le voile sur Ouï, son prochain album qui sera dans le bac le 2 juin prochain.

La chanteuse Camille au Printemps de Bourges © SBJ
La chanteuse Camille au Printemps de Bourges © SBJ

Entrée en scène surprenante : allongée au sol, ensevelie sous un drapé bleu, Camille a commencé à chanter Blue, couleur phare du concert, avant de se relever lentement, donnant une sensation de sérénité avec sa silhouette qui semblait flotter sur la scène. Telle une princesse romaine, élégamment enveloppée dans le tissu qui devient robe, puis écran rempart pour laisser poindre des ombres chinoises, elle se joue de son étole. Inventive, elle s’emparera de cet accessoire tout au long de la soirée pour faire naître un univers chaleureux et généreux. Car c’est un peu cela un concert de Camille, et bien plus encore. Comme à son habitude, elle fait de chaque chanson un magnifique tableau vivant, à la fois très pictural et empreint d’une sensualité délicate, sous le regard bienveillant de la pleine lune représentée par un tambour en hauteur. Ses aigus vertigineux se fondent parfaitement dans un show peaufiné dans les moindres détails. Elle mixe les genres, les styles mais toujours pour les emmener dans son univers envoûtant.

Sur les rythmes des percussions fortement présentes, la reine de la soirée dialogue avec ses trois musiciens et trouve un écho à sa parole dans la voix de ses trois choristes. Une grande complicité émane du plateau. Un piano, un clavier, des tambours et autres percussions, et nous voici transportés dans un ailleurs indéfinissable grâce au charisme exceptionnel de l’artiste. Nus pieds, elle déambule avec grâce et alterne les titres caractérisés par une forme de retenue respectueuse, quasi religieuse, avec des textes profonds et intenses et morceaux plus dynamiques. En effet, le spectacle de Camille se veut avant tout être une fête. Un peu timide au départ, le public s’ouvre peu à peu à l’univers que la chanteuse impose en silence, sans forcer. Comme dans les boums d’adolescents, les spectateurs hésitent, se contiennent puis se libèrent, jusqu’à voir trois couples rejoindre le plateau pour une bourrée revisitée. Tantôt en français, tantôt en anglais, chaque morceau vient ponctuer la soirée d’un instant unique, jusqu’à la parade finale avec les tambours, dans les allées de la salle.

En guise de quart d’heure américain, Camille a offert de très beaux moments d’émotion comme lorsqu’elle entonna le saisissant titre Fille à papa ou encore Pâle Septembre mais elle clôturera la soirée avec beaucoup de légèreté, faisant de l’Auditorium et des Festivaliers du Printemps de Bourges une chorale gigantesque avec un morceau risqué mais réussi, à trois voix. Datant du XVe siècle, ce choix unit les basses, les mezzos et les sopranos du public dans un même souffle. Ce qui se dégage de la scène pendant un concert de Camille, c’est beaucoup de facéties mais surtout une générosité qui fait dans la singularité, la simplicité, la sincérité et la spontanéité, le tout avec une énergie communicative. Elle habite tellement chacune de ses chansons que nous succombons peu à peu à son univers atypique, comme la neige fond sous l’effet des premiers rayons du soleil.

L’album n’est pas encore dans les bacs que déjà le retour sur scène de Camille laisse présager quelques tubes parmi les titres de ce nouvel opus. Douze ans après Le fil et six ans après son dernier enregistrement studio Ilo Veyou (2011), l’artiste est déjà sur les routes pour présenter au public Ouï dont la sortie est prévue le 2 juin 2017 et affichait complet au Printemps de Bourges, pour le plus grand plaisir de ceux qui attendaient avec impatience de la retrouver avec de nouveaux morceaux à défendre.

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