Vincent Delerm nous expose ses Photographies

C’est à la Cité de la Musique que nous avons rendez-vous pour quatre soirées exceptionnelles en compagnie de Vincent Delerm. Sur le thème des photographies, il a dessiné un parcours allant de Et la fois où tu as jusqu’à La dernière fois que je t’ai vu. Teinté d’une douce nostalgie, le concert se promène sur la gamme des émotions pour un instant à vivre au présent.

Vincent Delerm © Cauboyz
© Cauboyz

Vincent Delerm photographie la vie en chansons et en images depuis de nombreuses années. A la parution de son sixième album, A présent, début octobre 2016, il publie en parallèle trois livres photo chez Actes Sud. Chacun de ses textes naît d’une image et fait éclore d’autres représentations visuelles. Tel un scénographe, il anime le lien étroit qui existe entre musique et photographie. Dès l’entrée du public dans la salle de la Cité de la Musique, nous savons que nous allons vivre à un moment unique, immortalisé par une série de clichés qui apparaissent sur l’écran central. A jardin, un photomaton a été installé. De notre place, nous ne pouvons apercevoir que les jambes de l’artiste mais très vite, le mystère se dissipe autour de ce qu’il fait dans cette cabine. Des flashs viennent attirer l’attention des spectateurs des premiers rangs puis une planche de quatre photographies au format identité s’affiche devant nos yeux. Des séries qui se succèdent avec en commun le sens du naturel, du quotidien, de l’éphémère qui devient permanent. Certains clichés sont flous, d’autres diront ratés, ou encore si parfaits qu’ils pourraient servir à la pochette d’un album ou à un album photo. Cet art fait partie de notre existence et incarne toujours quelque chose de très émouvant, à l’instar des concerts de Vincent Delerm.

Le chanteur au grain de voix si reconnaissable a débuté la soirée par Et la fois où tu as, extrait de son album Les amants parallèles (2013), où figure également la sublime chanson Super Bowl en référence à Jo Montana qu’il interprètera un peu plus tard dans la soirée, baigné par une lumière rouge. Il a bien évidemment rendu hommage en chansons photographiques à d’autres artistes qu’il affectionne. Citons parmi elles le célèbre morceau Fanny Ardant et moi, Le Baiser Modiano qui a propagé une douceur infinie dans la Cité de la Musique, Et François de Roubaix dans le dos où il a rejoint son quatuor de musiciens derrière l’écran, faisant naître une image floue gagnée par l’émotion ou encore Martin Parr, avec une chanson éponyme qui fut l’un des plus grands moments de ce concert, témoignant d’une complicité évidente entre Vincent Delerm et son public à qui il a demandé de faire les chœurs. Cet instant empli d’une grande sensibilité a été suivi de citations éclairantes venant de photographes renommés. Reprenant plus tard Si la photo est bonne de Barbara, debout, une main dans la poche, en toute simplicité, ou encore Mise au point de Jakie Quartz, dont la réorchestration soulignait la dimension intimiste de la chanson, il a su alterner les émotions que ce soit avec ses propres mots ou ceux de ceux qu’il admire défilant dans des séries de pauses avec les pochettes d’albums, de Renaud à Kim Wilde en passant par Dalida sur le tube Les chanteurs sont tous les mêmes, offert en premier rappel. Notons aussi qu’au cours du concert, nous pouvons entendre la voix de son ami Emmanuel Noblet qui poursuit actuellement sa tournée triomphante avec Réparer les vivants, un seul-en-scène bouleversant d’après le livre de Maylis de Kérangal.

Les clichés se succèdent au son des mélodies, tantôt avec humour comme sur la chanson Déjà toi avec une introduction au vibraphone tandis que les messages comme « je suis très heureux d’être là » ou « si vous pouviez siffler sur les refrains ce serait sympa » accompagnent des prises de vues personnelles : fauteuils de salle, applications murales, endroits tristes, sanitaires, réverbères… Le chanteur si charismatique a le fantasme de ne faire qu’un seul bloc avec son public qu’il n’hésite pas à interpeller avec malice pour coordonner les élans du cœur, qui se manifestent aussi bien dans le battement des mains que dans les chœurs murmurés comme pour ne pas dénaturer la beauté des textes auxquels nous associons des images plus intimes. C’est à peine si nous regrettons ne pas avoir pu entendre Châtenay-Malabry qui aurait pu se prêter admirablement bien à l’exercice.

Photographies par Vincent Delerm c’est le mariage idéal entre sa plume, sa voix et son œil. Une alchimie émouvante et sensible qui a su nous transporter dans un univers à travers une vingtaine de chansons toutes plus photographiques les unes que les autres.

L’artiste sera présent au Printemps de Bourges, le 21 avril prochain, à l’Auditorium à 17h50.

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Photographies

Chant et piano : Vincent Delerm

Clavier, Chœur, Programmations et Arrangements : Rémi Galichet

Batterie, Vibraphone, Piano basse et Clavier : Nicolas Mathuriau

Violoncelle : Caroline Boita

Violon : Elodie Michalakakos

Durée : 1h40

  • Du 4 au 7 avril 2017

               A 20h30

Lieu : Salle des Concerts, Cité de la Musique

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