Noël en famille … ou pas : ambiance festive et explosive !

Fêtes de fin d’année oblige, il nous fallait une pièce dans l’air du temps avant de tourner la page de 2016 pour regarder à l’horizon 2017 qui sonne la rentrée pour la seconde partie de la saison théâtrale. Nous avons donc rejoins le Théâtre Clavel pour passer Noël en famille … ou pas !, un texte écrit et mis en scène par Christophe Botti qui, avec humour, légèreté et touches d’émotion, nous a plongé dans les joies des soirées familiales qui se terminent bien souvent par un feu d’artifice, explosant en myriade de faux-semblants et de piques blessantes sous l’œil de la jalousie.

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© Monsieurkay

Qui n’a jamais eu une petite appréhension au moment de passer les fêtes de fin d’année en famille ? Entre ceux qui s’imbibent d’alcool, les phrases politiques qui mettent mal à l’aise, les conversations sur notre vie privée qui bien souvent flirte avec le vide abyssal, ce n’est pas toujours le cœur empli de joie que nous rejoignons la table des festivités. La famille de Bruno n’échappe pas aux traditions. Il réunit autour de lui ses frères et ses enfants mais aussi les amoureuses et compagnons de chacun, pour le meilleur… ou pas ! Entre secrets à préserver, retrouvailles et découvertes par inadvertance, un réveillon mémorable se profile à l’horizon pour la famille Lambert qui ne s’est pas choisit mais qui est formidablement liée, bien plus qu’elle ne le pense.

La scénographie de Nicolas de Ferran, tout en bois ajouré, intègre un arbre de Noël gigantesque au pied duquel chacun dépose des présents. Mais, comme tout le monde le sait, sa propre famille n’est pas toujours un cadeau mais il faudra faire avec ! Bruno est ce que l’on appelle un père bienveillant mais parfois hyper-protecteur, surtout envers son fils Jonathan, dit Jojo, qui accuse un léger retard mental. Cependant, il n’est plus un enfant que l’on couve pour l’empêcher de se heurter à la vie. En ce soir de fête, il a invité Clara à se joindre à lui. Cela n’enchante guère le patriarche superstitieux qui voit déjà se profiler un dîner avec treize convives puisque sont également attendu l’oncle Bertrand,  qui n’aime pas ce qui ne fait pas partie de son schéma mental, avec son épouse Diane et sa fille Aurore, l’oncle rockeur Benjamin, accompagné de sa jeune conquête Adèle et de son fils Cédric, mais aussi le dépressif Julien, fils de Bruno, avec sa femme Elisabeth et leur bébé, ainsi que Jérôme et son mari Damien. Par chance, Karine va venir compléter la table de la nativité, elle qui porte l’enfant du couple homosexuel qui ne cesse de se déchirer.

Même s’il est parfois un peu complexe de s’y retrouver dans les liens qui unissent cette grande famille, sur le plateau, ce sont quatorze personnalités qui s’expriment, s’épanouissent, se livrent, se consument, entre confidences et susceptibilités. Les acteurs sont tous brillants, à commencer par Jean-Marc Dethorey en bon père de famille qui navigue avec agilité entre nos rires et notre compassion. Marion Isvi fait également merveille en endossant le rôle d’Elisabeth, l’épouse délaissée qui n’a pas un mais deux enfants à la maison en comptant son mari dépressif, Julien, étonnant Mathieu Foric. Enivrée, elle est éblouissante et nous captive ! François Guliana-Graffe quant à lui nous touche et apporte l’émotion dans cette famille en incarnant avec brio le sincère Jonathan, très éloigné de l’image artificielle de Clara, incarnée avec véracité par Louise Piovesan. La jeune Clémentine Malandrin est la fraîcheur de la pièce avec le rôle d’Aurore qui va bousculer les préjugés familiaux, notamment ceux de son père Bertrand, aigri et détestable, dont les phrases acerbes et grinçantes sont maîtrisées à la perfection par Vincent Noutary. Rita Neminadane, quant à elle, est la belle-mère compréhensive dont tout le monde rêve d’avoir. L’ouragan féminin, Léa Malassenet, sous l’apparence d’Adèle, la jeune compagne de Benjamin (joué par Laurent Bellini, très rock’n’roll), est le rôle qui incarne le renouveau et l’espoir, à l’instar d’Alexandra Dugot, époustouflante Karine qui nous fait penser, l’ombre d’un instant, à Josiane Balasko dans Nuit d’ivresse, la vulgarité en moins mais la classe en double. Valentin Grizou incarne un vantard Cédric, parfaitement crédible. Enfin, Clément Billard (Jérôme, suspendu à son téléphone d’homme d’affaires) et Régis Herbuveaux (Damien), incarnent avec talent un couple homosexuel qui tente de composer entre leurs droits et la bienséance familiale.

Dans l’apparente chaleur du foyer, chacun s’évertue à épousseter le givre qui recouvre le paysage familial pour n’en garder que le meilleur, l’idéal, c’est-à-dire « ceux qui restent quand on a fait le tri, ceux qu’on aime. ». Et il faut certainement un amour infini pour supporter une telle tribu, mais la pièce est une véritable gourmandise à partager sans modération pour ouvrir les vannes du cœur comme on déballe les cadeaux au pied du sapin un soir de Noël. Même s’ils sont fous, ces quatorze acteurs représentent de près ou de loin ceux que nous aimons et avec qui nous souhaitons « écrire ce qu’on a à écrire ensemble ». La facilité n’est pas au rendez-vous mais c’est bien là toute la magie de passer Noël en famille… ou pas !

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