TOP et FLOP théâtral de la saison 15-16

D’une année riche en découvertes, en émotions et en rencontres, nous avons sélectionnés pour vous le meilleur et le pire de la saison 15-16 au moment de sauter à pieds joints dans une nouvelle édition. C’est ainsi l’occasion de se souvenir mais aussi d’espérer pour beaucoup une reprise, ici ou ailleurs, pour revivre ces moments inoubliables ou au contraire le besoin de ne pas graver en nos cœurs certaines déceptions.

15-16
© OnP

A la 10ème place, c’est une superbe découverte qui s’installe, celle de L’Iliade mis en scène par la jeune Pauline Bayle. Une adaptation risquée mais pertinente pour un résultat de haut vol.

A la 9ème place, c’est presque une valeur sûre puisque nous y retrouvons Rouge décanté par Guy Cassiers. Une performance incroyable due à la présence extraordinaire de l’acteur de ce seul-en-scène.

A la 8ème place, le portugais Tiago Rodrigues nous touche et nous subjugue avec sa version de Bovary. Le procès intelligent d’une œuvre littéraire nous envoûte par son originalité et son résultat brillantissime.

A la 7ème place, nous retrouvons 887 de Robert Lepage qui avait ouvert la saison au Théâtre de la Ville. Cette pièce intimiste nous avait fortement émus par sa scénographie impressionnante et ludique nous entraînant dans les dédales de la mémoire.

Ivo van Hove se hisse à la 6ème place avec son sublime Vu du pont d’Arthur Miller. Un huis-clos passionnel d’une pertinence fabuleuse qui ne lésine pas sur les talents de ses acteurs pour nous éblouir.

A la 5ème place, nous mettons sans aucune hésitation la découverte de Christiane Jatahy avec son bouleversant et talentueux What if they went to Moscow ? inspiré des Trois sœurs de Tchekhov. Théâtre et cinéma se mêlent pour une double performance au dispositif percutant.

A la 4ème place, Ivo van Hove impose son Kings of War que nous avions fortement apprécié au Théâtre de Chaillot. William Shakespeare dans toute sa sobriété grâce au génie de cette adaptation sur les coulisses du pouvoir royal.

Il n’y a pas de top saisonnier sans Romeo Castellucci qui se hisse à la 3ème place avec Le Metope del Partenone. Un spectacle de l’urgence comme nous en voyons peu dans une saison qui a su nous bouleverser durablement.

Les seuls-en-scène ont eu le vent en poupe cette saison et c’est sans grande surprise que nous attribuons la 2ème place du podium à l’incroyable Andréa Bescond avec ses Chatouilles dévastatrices. Elle fait des merveilles sur une thématique délicate.

Indétrônable dans notre cœur depuis plusieurs mois, Emmanuel Noblet occupe la première place avec son adaptation poignante du roman de Maylis de Kerangal, Réparer les vivants. Et la bonne nouvelle, c’est que le spectacle part en tournée. Vous n’aurez plus aucune excuse pour ne pas aller le découvrir et succomber à ce talent indéniable.

D’autres spectacles ont su s’imposer dans nos mémoires mais comme il s’agissait de pièces vues en tournée, nous avons décidé d’établir un TOP 5 des meilleures reprises de la saison.

En 5ème position, la mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Mota des Six personnages en quête d’auteur de Pirandello. La vivacité de l’illusion théâtrale nous fait passé du réel au fictif avec subtilité, tout en ouvrant le champ des possibles.

Xavier Gallais permet au Splendid’s de Genêt d’accéder à la 4ème place de notre TOP. Arthur Nauzyciel nous promène entre désirs et réalité dans une esthétique belle, onirique et fascinante au service des fantasmes inavoués.

Une découverte pour nous mais une reprise tout de même. En 3ème place, nous avons succombé au Conte d’amour de Markus Öhrn, premier volet d’une trilogie bouleversante d’intensité sur la famille.

Il a présenté cet été une version de longue haleine des Frères Karamazov mais c’est avec Tempête sous un crâne que Jean Bellorini se hisse sur la 2ème marche du podium. Une adaptation maîtrisée et enjouée des Misérables de Victor Hugo.

La reprise d’Ödipus der Tyrann de Romeo Castellucci ne pouvait qu’en toute logique finir qu’à la 1ère place de notre classement et célébrer la deuxième année du portrait qui lui était consacré par le Festival d’Automne. Du grand art !

Et parce qu’il y a aussi des déceptions dans la saison, heureusement peu nombreuses, petit retour en arrière avec le FLOP de la saison.

En 5ème place, et c’est avec grand regret, nous installons Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos que Christine Letailleur a rendues si fades.

En 4ème place, malgré les fortes attentes, c’est Père de Strindberg, mis en scène par Arnaud Desplechin à la Comédie-Française qui gagne cette position peu enviable. La violence de l’œuvre semble s’être perdue dans les dédales de la prestigieuse salle parisienne.

En 3ème place, On ne sait comment de Pirandello par Marie-José Malis. Soporifique, cette adaptation ne nous a pas laissé un souvenir impérissable en dépit de la qualité de notre sommeil à La Commune.

Grosse déception de la saison, Ajax Cabaret mis en scène par Wajdi Mouawad rate ses enjeux et s’installe dans le FLOP. Le nouveau directeur de la Colline est tombé de haut, et nous avec. Dommage.

Rodrigo Garcia sait si bien nous bouleverser et nous questionner que nous nous sommes demandés fortement ce qui avait bien pu se passer en découvrant 4, qui gagne la palme de notre classement. Provoquant l’ennui plus qu’autre chose, il n’a guère convaincu ses admirateurs habituels.

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