La poupée sanglante : fantastique comédie musicale

Au petit Théâtre de la Huchette, bien connu pour ses représentations en continue de La cantatrice chauve et de La leçon d’Eugène Ionesco depuis 1957, il y a souvent une pépite estivale pour enthousiasmer le créneau de 21h. L’an dernier, nous avions succombé au charme rafraîchissant de Kiki. Cette saison, c’est l’adaptation du roman en feuilleton de Gaston Leroux qui a su faire chavirer notre cœur de bonheur.

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© Photo LOT

Paris. 1923. Des femmes disparaissent au cœur de l’île Saint-Louis tandis que le repoussant et inquiétant relieur d’art, Bénédict Masson, tente de se faire aimer de la belle Christine, la fille du vieux Norbert,  l’horloger, déjà promise à Jacques, un brillant biologiste. C’est sur cette intrigue que se base toute l’œuvre, rocambolesque et farfelue. La Poupée sanglante est une enquête policière basée sur du fantastique digne de Frankenstein, une romance macabre et une bonne dose d’humour.

Du roman de Gaston Leroux paru en 1924 sous la forme de feuilletons quotidiens dans la presse, Eric Chantelauze en extrait une mise en scène enjouée, pleine de malice et de charme. Quantité de personnages défilent sur l’exigu plateau : une quinzaine pour seulement trois comédiens-chanteurs et un pianiste. Cet exploit devient possible avec trois fois rien. Un accessoire, un changement de coiffure et nous voici plongé dans un univers fantastique, passant d’un personnage à l’autre avec une aisance déconcertante. Cependant, chacun apporte une couleur bien particulière à cet ensemble. Charlotte Ruby, c’est la touche féminine du quatuor. Elle est la belle Christine, bien entendu, et d’autres femmes qu’elle incarne avec légèreté et espièglerie. Pour l’humour, nous pouvons compter sur Alexandre Jérôme tandis que le mystère est l’affaire d’Edouard Thiébaut, dont le solo de claquettes est prodigieux. Face à eux, le facétieux pianiste Didier Bailly instaure une atmosphère propice au déroulement de l’intrigue.

L’énergie incroyable que dégage cette petite équipe contribue à faire de cette comédie musicale un moment plaisant dans une mise en scène ingénieuse. Cette adaptation éclairée et pertinente est un pur enchantement qui nous transporte allègrement dans un romantisme macabre et drôle. C’est bien joué, bien chanté, bien amené et nous nous laissons prendre dans cette histoire improbable. Durant une heure et demie, la petite troupe nous entraîne sans jamais nous égarer. Le séduisant quatuor parvient même à nous rappeler les comédies musicales de Jacques Demy avec des notes mélancoliques. « C’est la cerise sur le pompon » cette adaptation !

Alors que débutera dans quelques jours Le fantôme de l’opéra au Théâtre Mogador, Gaston Leroux semble être l’auteur à la mode cette année à Paris. Ne ratez surtout pas les informations concernant une éventuelle reprise de cette Poupée sanglante formidablement macabre. Cela ne devrait plus tarder à être annoncé, certainement dans les prochains jours. Alors, si vous avez omis d’y aller cet été, La Poupée sanglante vous laisse une chance supplémentaire de plonger dans cette superbe comédie musicale qui possède tous les ingrédients nécessaires pour vous faire passer un agréable moment.

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