TOP 10 des spectacles du IN dans le Festival d’Avignon 2016

Sur la cinquantaine de spectacles proposés dans le IN cette année, nous avons eu la chance d’en voir 24, sans compter les chroniques quotidiennes proposées par Thomas Jolly autour de l’histoire du Festival, ni les superbes expositions en marge de la sélection. Difficile de n’en retenir que dix et pourtant, nous avons dû nous résoudre à faire un choix. Voici notre TOP 10 à l’heure où les premières dates de tournée parisienne s’affichent.

Festival Avignon

A la 10ème place, nous retrouvons Karamazov, proposé par Jean Bellorini à la Carrière de Boulbon. Une œuvre dense et écrasante dans un fabuleux décor naturel. Il n’en fallait pas davantage pour nous séduire malgré quelques légers défauts. Cette saga littéraire et humaine a bénéficié d’un éclairage nouveau et de tout le talent des acteurs, habitués à travailler avec le metteur en scène et agrémentant la représentation de parties chantées bien agréables et si caractéristiques du style de l’actuel directeur du Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis.

A la 9ème place, c’est Le Radeau de la Méduse mis en scène par Thomas Jolly avec la promotion sortante des élèves du TNS. Ce spectacle d’entrée dans le métier a su nous séduire grâce à une esthétique soignée et davantage dans la sobriété et l’émotion brute que ce que propose d’habitude le jeune metteur en scène très en vogue actuellement. Des images fortes qui prouvent une fois de plus qu’il sait apporter un renouveau nécessaire sur les scènes françaises.

A la 8ème place, Les Damnés, d’après Visconti, mis en scène par Ivo van Hove dans la cour d’honneur du Palais des Papes, étaient très attendus en ouverture du Festival. Le pouvoir, la manipulation, la mort… s’expriment avec force dans la création qui lancera la saison 16-17 de la Comédie-Française. La maîtrise parfaite de l’espace a su nous conquérir malgré une omniprésence de la vidéo qui, à la longue, devient légèrement gênante puisque nous nous retrouvons absorbés par l’écran, oubliant presque les acteurs qui sont sur le plateau, créant ainsi une distance regrettable. Cependant, c’est un excellent souvenir du Festival et le bonheur de retrouver une troupe au sommet de son art.

A la 7ème place, nous mettons Hearing, mis en scène par l’iranien Amir Reza Koohestani. La pièce sera reprise le mois prochain au Théâtre de la Bastille dans le cadre du Festival d’Automne. Nous avons été séduits par cette expression de la vérité par un dispositif scénique bien particulier et des acteurs époustouflants. Ce spectacle demeure l’un des plus forts bouleversements que nous ayons vécus durant ce Festival.

A la 6ème place, c’est le très beau Het Land Nod du FG Bergman qui nous a envoûtés avec la reconstitution d’une salle du Musée des Beaux-Arts d’Anvers. Du chaos et de la beauté pour un coup de cœur évident. Une véritable œuvre d’art qui bouleverse, interroge et nous rappelle la fragilité d’un monde où l’humanité est vouée à ne plus être.

A la 5ème place, notons une très belle découverte et l’un de nos premiers coups de cœur du Festival : Tristesses de la belge Anne-Cécile Vandalem. Ce thriller théâtral, monté comme un polar, nous entraîne dans un monde cynique, cruel mais parfois teinté d’humour comme pour soulager une atmosphère étouffante et anxiogène. Une réussite qui gagne à se propager sur les scènes françaises.

A la 4ème place, l’une des attentes les plus fortes du Festival avec la mise en scène de 2666, le roman de Roberto Bolaño par le talentueux Julien Gosselin. Une œuvre scénique de 11h30 (entractes compris) comme un marathon à vivre pour replonger dans l’histoire d’Arcimboldi. Une représentation colossale mais parfaitement maîtrisée pour nous tenir en haleine jusqu’au final d’un texte inachevé. Ce sera sans nul doute l’un des succès de ce début de Festival d’Automne à Paris, au Théâtre de l’Odéon.

La 3ème place revient incontestablement à Krystian Lupa qui a présenté superbement la Place des héros de Thomas Bernhard. L’œuvre magistrale, sur fond de fascisme, trouve un écho désolant dans notre Europe actuelle. La pièce sera cet hiver au Théâtre de la Colline dans le cadre d’un portrait du Festival d’Automne consacré au metteur en scène polonais. De quoi se délecter à nouveau d’un texte brillant sublimé par tout le talent du maître.

En 2ème place, c’est la controversée metteure en scène espagnole Angélica Liddell qui installe son incroyable ¿ Que haré yo con espada ? avec une beauté déconcertante. A grand renfort de poulpes, d’érotisme et de violence, elle nous livre une tragédie de la chair personnelle mais exaltante. Son style bien particulier, un brin provocateur, a su nous transporter dans un univers parfois dérangeant mais terriblement intime. La tragédie s’exprime pleinement dans une performance hors norme qu’il serait bien dommage de rater, ne serait-ce que pour comprendre que prendre des risques au théâtre est souvent une judicieuse idée.

En 1ère place, et c’est une surprise, nous mettons le 20 november de Sofia Jupither. Il nous fallait une pièce coup de poing, de celles qui expriment un théâtre nécessaire dans notre société où tout va trop vite, trop loin, trop fort. Nous avons trouvé tout cela dans cette œuvre qui nous fait revivre en frontal la dernière heure, celle qui précède un massacre dans un lycée. C’est un véritable cas de conscience qui bouleverse dans une proposition qui dévaste tout sur son passage et nous marque durablement.

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