Happy Manif (Walk on the love side) : rencontres urbaines

C’est en 2011 que le chorégraphe David Rolland crée des déambulations joyeuses et décalées, audio-guidées et immersives qu’il regroupe sous le terme d’Happy Manif. Il en existe plusieurs déclinaisons. Celle à laquelle nous avons eu le plaisir de participer durant la Mousson d’été 2016 est estampillée « excursion romantico-disco-fleur bleue » sur fond de cinéma et se nomme Walk on the love side, une session sur les rencontres urbaines mêlant chant, danse et théâtre comme les comédies musicales à succès.

happy manif 1
© Emile Zeizig

Participer à une Happy Manif, c’est accepter de déambuler avec un casque sur les oreilles et de s’inscrire dans une démarche collaborative avec le chorégraphe. L’inhibition naturelle s’estompe rapidement et nous nous laissons porter par ce jeu de rôle grandeur nature. La partition proposée par David Rolland nous place au cœur du projet. Le participant devient l’interprète principal mais également l’instrument central d’un dispositif et d’un scénario entièrement chorégraphié.

Au départ, les consignes sont simples : garder plusieurs personnes dans son champ de vision. Casque sur la tête, voici tout le groupe dispersé sur la place centrale, regard périphérique pour observer les autres. La musique démarre et avec elle notre performance. La voix de David Rolland nous demande de marquer tous les temps puis un sur deux… Les corps s’échauffent, se détendent et entrent dans la danse. Nous échangeons quelques regards, à la fois gênés et amusés mais très vite, nous oublions tout ce qui nous entoure, aussi bien les participants que les passants, médusés. Cependant, le thème est celui des rencontres urbaines ! Il va donc falloir ne pas rester trop longuement avec cette sensation d’être seuls au monde.

Rapidement, deux groupes se forment pour se tourner vers le cinéma. En tant que nantais, David Rolland a convoqué le cinéaste Jacques Demy et nous fait rejouer en duo un passage de Lola. L’échauffement de la voix terminé, après de belles vocalises en duo, nous voici sous les arcades de l’unique place triangulaire d’Europe, celle de Pont-à-Mousson, place aux extraits d’On connaît la chanson d’Alain Resnais en interprétant par mimétisme l’une des scènes de rencontre. Et très vite, nous voici remis en marchant en chantant Paroles, Paroles. Les femmes incarnent Dalida tandis que les hommes prêtent leur voix à Alain Delon. Les badauds semblent intrigués mais nous n’y prêtons guère attention puisque la séquence mystère se fait attendre et que nous sommes invités à un instant de drague urbaine, prenant appui sur le début du Dernier Métro lorsque Gérard Depardieu entre en scène avant un final en apothéose sur les Bords de la Moselle avec un extrait de Million Dollar Baby.

De la stratégie à mettre en place pour éviter le regard de quelqu’un au faux coup de téléphone et en passant par une filature de son partenaire, David Rolland nous mène là où il veut, il guide nos pas, nos gestes, nos paroles tout en nous laissant une liberté plutôt intéressante. Durant une petite heure, nous partons à la découverte des autres et d’un environnement en adaptant un regard différent de celui que nous avons naturellement. Malgré une chaleur écrasante, nous avons succombé à la proposition et nous nous sommes surpris à adhérer totalement avec une sorte de sentiment de confiance et d’extériorisation que nous ne nous connaissions pas. Une expérience fabuleuse et enrichissante qu’il nous tarde de renouveler !

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