Contes et légendes de la guerre de Troie : la mythologie grecque à la portée de tous

Le matin, dans les petits théâtres avignonnais qui s’animent dans la chaleur naissante, ce sont principalement des spectacles pour les enfants ou du moins tout public qui sont proposés. Souhaitant débuter la journée doucement et ne perdant pas de vue notre goût pour la mythologie grecque, c’est tout naturellement que nous avons pris la direction du Vieux-Balancier, pour partir à la découverte de la compagnie du Vieux Singe et son appropriation ludique des contes et légendes de la guerre de Troie.

contes

A quel moment tout a réellement commencé ? Certainement le jour du mariage de Pélée et Thétis. Comme dans tous les instants de joie, « quand on s’aime, on oublie la discorde mais elle, elle ne vous oublie pas ». Pourtant, aucune invitation n’est parvenue jusqu’à Eris. Alors, elle a décidé de venir malgré tout et de laisser un petit cadeau, uniquement dans le but d’être polie, une petite babiole en souvenir : une pomme d’or que Zeus doit donner à la plus belle. Rien que cela. Cependant, si Era, sa femme, Athéna, la déesse de la guerre et Aphrodite, celle de l’amour et de la beauté, n’ont pas la pomme, cela va faire des histoires. C’est ainsi que la Discorde précipita Grecs et Troyens dans une guerre de longue haleine.

La narration s’articule autour d’un prologue et de trois contes : La Pomme, Le Départ et La Guerre de Troie. Avec des notes de xylophone, Ophélie Kern, qui a écrit le texte et signe également la mise en scène, prend en charge le récit. Elle est une interprète fabuleuse et une formidable conteuse. Avec beaucoup d’expressivité, elle entraîne petits et grands dans le labyrinthe des récits mythologiques. Un simple tabouret comme accessoire lui suffit à convoquer notre imaginaire pour nous plonger avec elle dans les légendes oubliées. Avec un langage actuel, elle raconte, en toute simplicité, ces contes dans lesquels les personnages reviennent à notre mémoire. Hécube qui dépose son bébé Pâris sur le Mont Ida, Calcas, le devin aveugle qui prédira la responsabilité de l’enfant dans la ruine de Troie, la double identité du nourrisson devenu le berger Alexandre en grandissant, Cassandre, Aphrodite… Rien n’est laissé sur les bords de l’histoire. De petites phrases surgissent comme des lignes de vie : « Tant que tu n’as pas l’amour, tu n’as rien et tu n’es personne » ou encore « L’amour, c’est ce qui te fera naître et expliquera tout » et alimente l’importance du récit initial.

Lorsqu’Ophélie Kern aborde le chapitre du départ pour la Guerre de Troie, elle n’hésite pas à embarquer avec elle les enfants à l’extérieur de la salle pour leur faire vivre ce qu’elle raconte. Ulysse, qui avait proposé un pacte pour que les Grecs soient aux côtés du mari qu’Hélène choisira, à savoir Ménélas, organise le départ. Un chant, tel un slogan de manif, s’élève alors et le spectateur se retrouve emporter par une atmosphère très intimiste qui l’invite à s’impliquer différemment qu’exclusivement par le regard et l’écoute : « Mort à Pâris, mort au voleur, mort aux Troyens ». Tandis que la conteuse poursuit son épopée, Grégoire Ternois instaure une ambiance sonore très soignée mais déjà, la dernière partie se lève en même temps que les vents favorables précipitant les Grecs dans la bataille après le sacrifice d’Iphigénie. Et l’implication de tous est réelle tandis que nous revivons la célèbre guerre de Troie.

Contes et légendes de la guerre de Troie permet de brasser tous les héros de la mythologie grecque. Le ton, captivant, l’absence d’accessoires, qui laisse la suggestion faire un travail remarquable, participent activement à l’accessibilité de ces textes simples et complexes par la présence de nombreux personnages. Une sorte de piqûre de rappel ou de joli voyage de découverte qu’il était plus qu’agréable de faire, en famille. La fluidité du récit est rendue à la portée de tous. Petits et grands se délectent. Les enfants, captivés, ne bougent pas. Les parents ou les adultes présents écoutent, émerveillés, comme une histoire du soir avant de s’endormir. Une petite bulle de bonheur qui rend la complexité limpide grâce à un côté ludique jubilatoire et fort appréciable.

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