Une leçon d’histoire de France (deuxième période) : Maxime d’Aboville fait cours aux spectateurs

Alors que le premier opus s’intéressait à la période allant de l’an mil à Jeanne d’Arc, le second volet nous replonge dans les événements passionnants de notre histoire de France qui s’étend de 1515 à la mort du Roi-Soleil. Maxime d’Aboville, Molière du Comédien 2015, reprend les cours pour douze représentations au Poche-Montparnasse et envoûte ses élèves.

une leçon d'histoire de France
© Alejandro Guerrero

La classe est un peu dissipée en ce samedi après-midi mais le maître, Maxime d’Aboville en impose : dès qu’il paraît sur la scène de Poche-Montparnasse, le silence se fait. C’est parti pour une heure de cours, mené à la baguette. Avec sa blouse grise et son nœud papillon en tissu écossais, celui que nous avons pu applaudir en début de saison dans le superbe rôle de Charlie Chaplin livre un palpitant récit. Il compose une leçon d’histoire de France en puisant dans les œuvres de plusieurs de nos grands auteurs littéraires comme Alexandre Dumas, Jules Michelet ou encore Victor Hugo. Improvisant légèrement en s’adaptant aux réactions de son auditoire, Maxime d’Aboville parvient à rendre particulièrement accessible et limpide les péripéties historiques de ceux qui ont participé à forger la construction de notre pays.

A jardin se trouve un chevalet avec une immense carte de France comme celles que l’on trouve encore dans les recoins aux trésors inestimables dont regorgent encore certaines de nos écoles primaires même si l’aire du numérique les a condamnées au placard ad vitam eternam. A cour, un petit bureau faiblement éclairé sur lequel trône des illustrations des épisodes évoqués. Il y a même la représentation de Saint-Louis sous son chêne pour ceux qui ont séché la leçon précédente. La baguette de Maxime d’Aboville lui sert d’unique accessoire pour une leçon très vivante, un cours passionnant fait par un passionné. Marignan, les protestants, la nuit de la Saint-Barthélemy, Henri III (dont Agrippa d’Aubigné se demande si c’est un roi-femme ou un homme-reine), l’édit de Nantes, Richelieu, d’Artagnan, Louis XIV…. personne ne manque à l’appel au milieu des références à Madame de Sévigné, Molière, Lully, La Fontaine, Corneille ou Racine. Le regard captivant, Maxime d’Aboville parcourt les années d’une France amoindrie avec rigueur et engouement. Il vit, ressent, éprouve le fil historique, nous donnant envie de retourner sur les bancs de l’école pour écouter avec délice la transmission d’un patrimoine qui semble peu à peu tomber dans l’oubli et l’héritage dû aux générations futures.

Une leçon d’histoire de France se présente comme un seul-en-scène captivant, instructif mais aussi ludique dont le récit, très vivant, nous entraîne dans la petite histoire forgeant la grande. Le cours redonne ses lettres de noblesse à une discipline qui ne peut passionner nos chères têtes blondes que si elle est dispensée avec passion et conviction. A ce sujet, Maxime d’Aboville dynamite nos souvenirs dans des salles de classe avec des professeurs d’histoire-géographie aigris ou blasés, nous assommant avec des dates à retenir et des fonds de cartes à compléter, tout en nous délaissant du plaisir d’apprendre. Il bouscule nos représentations en incarnant avec intensité chaque récit qu’il enrichit par quelques anecdotes et, avec parcimonie, des photos d’œuvres d’art pour ancrer son propos dans notre esprit. Comme le chantait autrefois Hugues Aufray, nous aimerions adresser un message au super instituteur du jour : « Adieu monsieur le professeur, on ne vous oubliera jamais et tout au fond de notre cœur, ces mots sont écrits à la craie ». Et cet adieu se veut plutôt un au revoir, jusqu’à la prochaine leçon qui devrait voir le jour prochainement.

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