Prenez-moi homo : la Gaytitude de Max Casaban

Max Casaban ose tout. Dans son premier one-man show, il mise sur la transmission savoureuse et irrésistible de la culture gay, une sorte de guide pour les nuls avec de petites pastilles qui prennent appui sur les clichés tenaces de l’homosexualité masculine, le tout dans une ambiance bon enfant avec un impressionnant sens de l’autodérision.

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Pour ceux qui connaissent un peu le milieu gay, inutile de préciser qu’il y a de l’ambiance en soirée. Cela tombe bien, Max Casaban va faire le show et nous enchanter par son initiation de la culture joyeuse de l’homosexualité masculine. Très décontracté, il accueille le public en peignoir et en musique. A peine franchie la porte de la petite salle nichée au troisième étage du théâtre du Gymnase, Claude François se précipite à nos oreilles avec son éternel Magnolias Forever avant de céder la place à des musiques festives comme Madamoiselle de Foxy. Aucun tabou, ceux qui ont pris place sur les petits canapés rouges savent qu’il vaut mieux être ouvert au sujet, traité ici avec un grand sens de l’autodérision, une heure durant, où le jeune « homoriste » nous place sur le chemin d’une folie assumée.

L’écriture de Max Casaban est précise et fait mouche dans la plupart du temps de ce guide indispensable pour tous ceux qui côtoient de près ou de loin le milieu gay, ou tout simplement pour ceux qui sont dans une communauté gaie et joyeuse, aimant rire de tout et avec tous, dans le respect mutuel de nos différences. Un brin provocateur, Max passe en revue les clichés les plus tenaces et s’en amuse avec délice. Que ce soit dans des sketchs développés ou de furtives évocations (comme la référence à l’idée récurrente qui veut qu’un homo soit attiré par la danse classique), il ose tout sans complexe et avec un talent qui parvient à nous toucher. Dans un jeu sincère et spontané, il sait trouver le ton juste et dynamique pour nous entraîner dans son univers. « Je ne savais pas que vous étiez si nombreux à vouloir devenir gay » lance-t-il d’entrée de jeu. Le ton est donné. Mais l’homosexualité n’étant ni un effet de mode (même si la société s’homosexualise au fur et à mesure que les tabous s’effondrent) ni une maladie, autant en rire avec franchise.

Avec humour, Max Casaban nous parle du coming-out et de la difficulté qu’ont les hommes pour trouver la bonne personne à qui le dire, de cette quête du prince charmant avec encore plus de critères qu’une femme romantique à l’extrême croyant encore pouvoir vivre sereinement dans le monde idéal des Bisounours, de l’homosexualité chez les routiers, des rêves de paternité ou encore des questions que l’on se pose sans jamais oser les formuler comme par exemple savoir comment les homos font l’amour ou est-ce que l’on naît homo ou on le devient. Autant de réflexions pertinentes prônant la tolérance et le désir profond d’arriver à ce que chacun s’assume tel qu’il est. Max est irrésistible dans la galerie de personnages qu’il endosse devant nos yeux, surtout lorsqu’il met en scène Rolande, une petite vieille très inquiète sur le fait d’attraper « LA » maladie ou encore en prof allemande donnant un cours de vocabulaire gay avant de passer aux sous-vêtements, sans oublier le passage vantant les avantages d’avoir un homosexuel masculin à nos côtés, quel que soit notre sexe : pour les hommes, le gay est un excellent moyen d’avoir les filles autour de vous (car « rien de mieux qu’une tapette pour attirer les souris ») et pour les femmes, le gay est un peu comme le maquillage : il est in-dis-pen-sa-ble. C’est un peu comme avoir Cristina Córdula toujours avec soi. Et un peu comme un psy, mais bien mieux qu’une meilleure copine, ce qui est bien avec eux, c’est que l’on peut tout leur dire.

Rien de mieux que de terminer par un petit jeu pour tester notre gaytitude ! Saurez-vous trouver qui de Casimir, Vincent Mc Doom, Jean-Pierre Pernault, Gareth Thomas ou Thomas Cruise sont de la partie ? Activer votre « homokaléidoscope » et partez à la chasse aux indices. Mais gardez à l’esprit l’essentiel : oui, Max Casaban est un homme (« oh » comme ils disent) et même lorsqu’il se travestit en femme pour une délicieuse leçon de vocabulaire, il ne passe jamais pour une folle. Mieux encore, il nous divertit par l’instruction et nous ressortons du Théâtre du Gymnase le sourire aux lèvres, gais comme des pinsons.

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