Traîne pas trop sous la pluie : voyage au pays des souvenirs

Après être monté sur scène il y a quelques semaines avec sa fille Romane pour la pièce J’avais un beau ballon rouge, Richard Bohringer est de retour au théâtre de l’Atelier pour présenter Traîne pas trop sous la pluie, un seul-en-scène mêlant lectures et improvisations autour de sa vie, ses envies et ses souvenirs.

TRAINE PAS Richard Bohringer Photo couleurs libre de droits (c)Alain Rousseau.jpg
© Alain Rousseau

Richard Bohringer se présente à nous en toute simplicité et en toute intimité. Alternant des extraits de ses deux ouvrages (Traîne pas trop sous la pluie, qui donne son titre au spectacle et C’est beau une ville la nuit) et des moments d’improvisation, il évoque ses souvenirs et ce que fut sa vie, aussi bien que des personnages cabossés par l’existence, un peu comme lui, l’écorché vif au cœur tendre, avec une générosité incroyable doublée d’une humilité désarmante. De ses grands-parents en passant par ses amis aujourd’hui disparus comme Jacques Villeret ou Roland Blanche, il nous livre entre deux lectures, sur le ton de la confidence, des anecdotes, souvenirs, bribes d’une mémoire gardienne des heures les plus belles mais aussi les plus sombres de sa vie sous la forme d’un road-movie poétique, émouvant, et touchant. « J’écris pour les mêmes raisons que vous sauf qu’il n’y a que mon cœur qui pleure » dit-il. Nous sommes bouleversés par l’espoir incommensurable qui émane de lui. Ses textes nous font voyager dans des univers proches ou lointains, d’un ring de boxe où l’on évite les coups à New-York en passant par l’Afrique. Puis dans les moments où les mots de son cœur prennent le relai, nous aimerions monter sur scène pour le serrer dans nos bras, le rassurer et lui transmettre une infime partie de tout l’amour qu’il nous envoie depuis le plateau.

Il n’a besoin d’aucun artifice, juste un pupitre avec ses textes bien à l’abri du temps et son charisme qui illumine sans effort la scène et la salle. Il nous conseille de ne pas trop traîner sous la pluie mais nous lui répondons en contrepartie que nous adorons flâner au Théâtre de l’Atelier pour l’entendre encore et encore faire résonner ses mots, ceux qui viennent du fond de son être pour s’échouer contre notre sensibilité, en plein cœur d’une tempête affective où l’écriture bohringienne n’est que simplicité, sincérité et émotion. Après avoir affronté la drogue, l’alcool et le cancer, Richard Bohringer se heurte à la vie avec une force incroyable que nous lui envions presque, comme une revanche à prendre tardivement, à 74 ans. « Je veux que ceux qui m’aiment, ceux que j’aime cessent d’avoir du chagrin » dit-il comme une prière. Nous ressentons une si grande envie de l’entourer de beaucoup de tendresse afin que sa route soit encore longue et belle, sereine et radieuse, comme l’espoir que le pire est désormais bien loin derrière lui et qu’il ne reste à cet immense Monsieur qu’à écrire les plus belles pages de son existence en allant faire un tour du côté du bonheur. Avec sincérité et spontanéité, sans être dépourvu d’un sens de l’humour aiguisé et lucide,  il nous parle de lui, dans un spectacle pas nécessairement très ordonné mais intimiste. Richard Bohringer prouve, s’il fallait encore le faire, qu’il est un acteur talentueux et un homme généreux dont l’admirable bonté nous parvient sans détour, à chaque seconde que nous aimerions tant prolonger.

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