Evita, amour, gloire etc… : la dolce vita argentine

Ecrite et dirigée par Stéphan Druet pour l’acteur Sebastián Galeota, la pièce Evita amour, gloire etc… se penche sur le caractère complexe d’Eva Perón, née Duarte, une actrice de condition modeste, devenue l’épouse du président de la République argentine dans les années 40.

EVITA8WEB
© C.I.T.Y 27

Eva Perón a longtemps divisé les Argentins. Aujourd’hui encore, elle demeure un personnage controversé : adulée par certains et haïe par d’autres, une chose est sûre c’est qu’elle ne laissa personne indifférent. Née bâtarde en 1919 dans un milieu modeste, la jeune provinciale débarque à Buenos Aires, devient comédienne à la radio puis au cinéma. Elle est de la rue et la rue lui appartient mais Eva est surtout une ambitieuse qui pensait, très jeune, théâtre, cinéma et se voyait déjà sur papier glacé avant même d’arriver dans la capitale. Sa rencontre avec Juán Perón, le président de la République argentine, lui fera gravir les dernières marches de la gloire et du succès en la propulsant sur le devant de la scène publique et politique jusqu’à sa mort prématurée à seulement trente-trois ans, emportée par le cancer.

Son coiffeur, et confident, nous retrace le parcours d’Evita, cette femme dont l’ascension sociale fut incroyable. Avec une schizophrénie plus qu’avancée – Julio se prend pour Eva depuis sa mort – il incarne la diva au port altier avec une profonde grâce. Sous son maquillage, c’est l’acteur Sebastián Galeota qui se dérobe à notre vue. Mais ici, le travestissement n’est à aucun moment grotesque : il est raffiné, sensible et maîtrisé. Dans une mise en scène plus que statique, incarcéré dans une imposante mais magnifique robe blanche, à la fois majestueuse et flamboyante, créée par Franck Sorbier, le comédien devient inévitablement Evita. Il l’incarne sublimement dans une fabuleuse performance scénique, pour nous transmettre le déroulement d’un incroyable et fulgurant destin à travers un passionnant récit d’un portrait de femme publique engagée et opportuniste, féministe et paradoxale, sainte pour certains et salope pour d’autres, comme il vous plaira de choisir. L’acteur est magistral, autant que le captivant récit qu’il nous livre, sans pudeur et sans tabou, de cella qui milita pour que la femme argentine ait des droits.

Nous découvrons, étonnés, une icône, comédienne et femme politique, à travers différentes périodes de sa vie, évoquées avec vivacité et entrecoupées par des fondus cinématographiques de noirs brefs et ponctuels qui tombent comme des lames sur le temps qui passe et la rapproche inévitablement de la mort. L’ensemble est rythmé et s’articule habilement autour de moments de narration et des projections d’images d’archives qui défilent sur la robe d’Evita, seule contrainte scénique dans la proposition qu’en fait Stéphan Druet. La musique se présente comme un fil conducteur et termine de nous convaincre jusqu’à un émouvant final. Tout est évident, inévitable dans ce portrait d’Evita à ne pas éviter à la Comédie Bastille.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s