Ancien malade des hôpitaux de Paris : une nuit aux urgences

Après avoir présenté l’œuvre de Daniel Pennac au Théâtre de l’Atelier,  où il reviendra dès le 23 février 2016 pour 30 représentations exceptionnelles, Olivier Saladin a fait une halte à l’Espace Jean Legendre de Compiègne pour nous faire découvrir cette pièce cocasse sur l’univers médical que constitue ce seul-en-scène jubilatoire et survolté.

ancien malade
© Emmanuel Noblet

Lorsque le docteur Gérard Galvan débarque sur le plateau, il cherche du regard son interlocuteur. Puis, il débute en s’adressant à un supposé écrivain qui aurait pris place dans la salle. Il lui offre un café avant de prendre son imaginaire présence comme prétexte à un besoin irrépressible de raconter ce qu’il a vécu un dimanche soir de pleine lune dans le service des urgences, alors qu’il n’était encore qu’un interne destiné à une belle carrière, il y a de cela trente ans, jour pour jour. Alors que « la médecine est la première maladie héréditaire », il se destine à embrasser la carrière médicale,  perpétuant ainsi la tradition familiale. Plein d’ambition, il n’avait « pas encore creusé les fondations » qu’il rêvait déjà à sa statue, ou plutôt de sa carte de visite. A lui seul il était un dispensaire et voulait faire de toutes les spécialités sa spécialité, jusqu’à ce qu’il s’occupe de ce déroutant patient dont la multitude de symptômes le conduira à faire le tour d’une bonne partie des spécialistes médicaux de garde, de la cardiologue au service de traumatologie en passant par l’urologue.

Olivier Saladin se montre un brillant interprète. Très crédible, il incarne réellement son personnage au point que l’on s’y croirait vraiment ! A la fois cocasse et survolté, il nourrit notre imaginaire dans une mise en scène très sobre mais dynamique et astucieuse de Benjamin Guillard. Le docteur oscille entre avoir la foi en la médecine et la perdre. Il décrit un univers fascinant nous faisant plonger au cœur de l’équipe médicale perplexe face à un cas préoccupant dont le diagnostic ne parvient pas à être établi. Tout s’enchaine avec une fluidité déconcertante. Olivier Saladin est à la fois le docteur, le patient, ses collègues… Il relève avec brio le périlleux exercice qui consiste à donner vie à toute une galerie de personnages sans tomber dans la caricature, tout en injectant des caractéristiques uniques. Les très bons jeux de lumières, pertinents et précis, éclairent la narration et renforce la dynamique d’ensemble, jusqu’au final, étonnant mais formidablement jubilatoire. Drôle, rythmée, vivante, la pièce est un savoureux instant de grâce.

 L’univers fascinant qui s’ouvre devant nos yeux nous permet de nous laisser surprendre et entraîner à toute vitesse dans cette folle nuit de garde aux urgences. Embarqués sur le brancard et déambulant dans les couloirs de l’hôpital, nous savourons ce jouissif moment à prescrire de toute urgence car Ancien malade des hôpitaux de Paris est un excellent remède contre la morosité ambiante.

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2 réflexions sur “Ancien malade des hôpitaux de Paris : une nuit aux urgences

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