Singin’ in the rain : la mythique comédie musicale triomphe à nouveau à Paris

Créée en mars 2015 au Théâtre du Châtelet, la comédie musicale Singin’ in the rain fait à nouveau escale dans ce lieu magique avec une mise en scène éblouissante et une distribution exceptionnelle qui ravira un large public. C’est toute la magie d’Hollywood qui s’installe à Paris pour notre plus grand bonheur et affiche une nouvelle fois complet à chaque représentation.

08b - Don Lockwood (Dan Burton) - (c) Théâtre du Châtelet - Marie-Noëlle Robert
© Marie-Noëlle Robert

Don Lockwood est une star du cinéma muet à Hollywood, tout comme sa partenaire Lina Lamont, qui s’imagine en couple avec lui, à la ville comme à l’écran. Si leur duo connaît un succès fulgurant au fil des films, l’arrivée du cinéma parlant en cette année de 1927 contraint le directeur du studio R.F Simpson à doubler la voix de crécelle insupportable de l’actrice. Cosmo Brown, le meilleur ami de Lockwood propose alors Kathy Selden dont Don ne va pas tarder à tomber follement amoureux. Lorsque Lina l’apprendra, elle fera tout pour que sa doublure reste dans l’anonymat le plus total et tentera par tous les moyens de sauvegarder son honneur et sa réputation, en vain. Tout comme le cinéma muet, elle semble vivre ses dernières heures de gloire.

Qui n’a pas en tête la séquence culte où Gene Kelly, joyeux, danse et chante sous la pluie d’une rue paisible, sautant à pieds joints dans les flaques d’eau en faisant tourbillonner son parapluie dans la mythique comédie musicale filmée par Stanley Donen en 1952 ? Même si Dan Burton n’est pas Gene Kelly, il n’a rien à envier à son illustre prédécesseur dans cette magnifique scène où de l’eau véritable se déverse par litre sur le plateau du Théâtre du Châtelet. Nous sommes subjugués et fascinés devant la reconstitution de cette scène-phare qui a marqué notre esprit. A l’instar des artistes britanniques dont la formation est complète, les personnages dansent, chantent, font des claquettes et jouent la comédie à merveille. Ils nous transportent dans les studios hollywoodiens avec grâce et nous sommes captivés par la quête d’amour, de gloire et de beauté dans une habile mise en abyme qui nous fait passer du théâtre au cinéma en une fraction de seconde, rehaussant la magie du spectacle vivant. Dan Burton est convaincant et se montre à la hauteur du rôle qui lui est confié. Sa partenaire, Clare Halse, est envoûtante dans le rôle de Kathy Selden, douce et naturelle, pour qui « un acteur de cinéma ne joue pas et n’est pas un acteur car il n’a pas de belles tirades immortelles de Shakespeare ou Ibsen ». Nous prenons plaisir à détester la talentueuse Emma Kate Nelson, parfaite en actrice naïve et capricieuse, à la voix haut perchée, criarde et agaçante. Daniel Crossley (Cosmo Brown) et Emma Lindars (hilarante professeur de diction) ne déméritent pas non plus les chaleureux applaudissements.

Les décors, signés Tim Hatley, sont époustouflants, nous faisant passer d’une luxueuse salle de réception à un tournage en un éclair, tout comme le sont les costumes d’Anthony Powell admirablement mis en valeur par les chorégraphies de Stephen Mear. La mise en scène de Robert Carsen est un émerveillement permanent qui dépose une multitude d’étoiles dans nos yeux et déploie une palette de couleurs allant du noir et blanc à l’aspect sépia, comme pour figer cette œuvre dans le temps. C’est esthétiquement très beau et le parti pris, quelque peu osé et audacieux, se révèle être un très bon choix. Cela permet également de sublimer le tableau final, en guise de rappel, où la troupe, dans une chorégraphie collégiale très plaisante, revêt un imperméable et des bottes jaunes, s’empare d’un parapluie de couleur vive et illumine le plateau pour quelques minutes supplémentaires sous une ultime averse. La scène où l’on prend conscience de toutes les difficultés d’un doublage est également formidable, avec les problèmes de sonorisation ou la désynchronisation au montage. L’orchestre Pasdeloup, présent dans la fosse, achève de nous enchanter totalement.

 Après West Side Story et My Fair Lady, le Théâtre du Châtelet propose une adaptation brillante et de qualité d’un autre chef-d’œuvre cinématographique. Rendant hommage à l’âge d’or du cinéma muet, Singin’ in the rain bénéficie d’une exceptionnelle et impeccable distribution qui évolue dans des décors impressionnants. Un grand classique qui devient pur enchantement sur la scène du Théâtre du Châtelet, une étoile scintillant au firmament des comédies musicales. C’est divin et cela nous donne envie, nous aussi, de chanter et danser sous la pluie pour montrer au monde entier notre bonheur d’avoir assisté à un divin spectacle.

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