Ferenc Vizi varie les plaisirs auditifs

Le pianiste roumain Ferenc Vizi nous invite à plonger dans la virtuosité musicale du grand compositeur Ludwig van Beethoven le temps d’un concert unique donné au Théâtre de la Ville.

ferenc vizi

Les trente-trois variations sur une valse d’Anton Diabelli, opus 120, composées par Ludwig van Beethoven sont réputées pour leur extrême difficulté technique. Produites à l’époque même où le compositeur allemand travaillait sur ses dernières sonates, les Variations Diabelli accentuent son statut de génie par une élaboration intelligente et impressionnante.

Ferenc Vizi a fait résonner toute la grandeur musicale de Beethoven dans une œuvre rarement entendue. Ses doigts se promènent avec agilité et virtuosité sur le clavier, enchaînant les variations de mémoire. Il s’amuse et ce plaisir évident pris à interpréter une telle œuvre se répand dans les rangs du Théâtre de la Ville de Paris. Le thème devient tour à tour teinté d’allégresse ou de mélancolie, pesant et résolu ou grave et majestueux. Les très belles envolées produites enchantent l’assemblée qui fait face à un pianiste très expressif. Donné en hommage à son professeur du Conservatoire national de paris qui a créé la rencontre entre Ferenc Vizi et cette œuvre à laquelle il a fini par fortement s’attacher, le récital allie douceur et onctuosité. Nous en sommes presque à regretter qu’il n’existe que trente-trois variations tant le moment semble suspendu dans le temps. Véritable dialogue à trois voix entre Diabelli, Beethoven et leur interprète Ferenc Vizi, l’exercice apparait comme un renouvellement extraordinaire, de quoi varier les plaisirs de mille et unes manières et pénétrer l’auditeur d’une multitude de sensations.

Terminant sa prestation par un Rondo à 4 mains de Schubert qu’il partage avec un ami, Ferenc Vizi a su nous donner à entendre une musique classique pure et sincère, sans artifice, avec l’envie irrésistible de fermer les yeux pour mieux s’imprégner de toutes les nuances subtiles que Beethoven a distillées dans cette œuvre et savourer l’union du thème de Diabelli au génie talentueux qu’était le compositeur allemand. Arnold Schoenberg disait que « varier, c’est tout changer, sauf une chose » et il est certain que changer l’interprète c’est déjà varier une mélodie mais lorsque ce dernier sublime une œuvre d’une beauté musicale déjà si présente, nous ne pouvons que souhaiter que l’ensemble demeure immuable.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s