Le Petit Prince réveille notre âme d’enfant

Mark Osborne signe avec Le Petit Pince une bien belle adaptation libre du célèbre et intemporel conte d’Antoine de Saint-Exupéry écrit en 1943 et vendu à plus de 150 millions d’exemplaires dans le monde et nous embarque dans une folle aventure qui ravira petits et grands.

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Une petite fille vient d’emménager dans une nouvelle maison avec sa mère. L’heure des vacances a sonné mais c’est un programme très studieux qui l’attend afin d’entrer à l’académie verte. C’est en jouant avec son aéroplane et en causant des dégâts dans le voisinage que le vieil aviateur va faire sa connaissance. A la nuit tombée, comme une missive dans le ciel étoilé, il lui transmet un avion de papier avec le début de l’histoire du Petit Prince. C’est ainsi que va nous parvenir le récit de l’aviateur avec toute la poésie des mots de Saint-Exupéry que nous redécouvrons ici, sous un nouveau regard.

Savant mélange de deux types d’animations, à savoir les images de synthèse et le stop-motion qui renforce l’aspect poétique lors des passages du récit de l’aviateur à la petite fille et qui assure une certaine fidélité aux tendres aquarelles d’Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince met en évidence toute la profondeur de l’œuvre. L’adaptation partielle permet de redécouvrir l’histoire à travers une mise en abyme très intéressante avec deux récits croisés offrant une réflexion sur la vie et le temps qui passe. Mark Osborne nous plonge dans un univers visuellement plaisant et poétique à souhait en modernisant une œuvre classique au caractère intemporel qui fait partie du Panthéon littéraire de nombreux adultes. Nous sommes bien loin de la comédie musicale de 2002 produite par Richard Cocciante. Ici, l’accent est mis sur l’importance de continuer à rêver, même à l’âge adulte, dans une société de réussite et d’immédiateté, dans un rythme effréné qui efface peu à peu notre capacité à nous évader par la pensée. L’élégance du scénario permet à l’histoire de s’insérer et non d’être adaptée dans un cadre plus moderne. Nous y redécouvrons les feuillets du livre avec d’admirables dessins dans cette formidable retranscription qui selon nous ne contient qu’un seul petit bémol : la fin est légèrement bâclée, comme non aboutie. Cependant, la bande-originale du compositeur Hans Zimmer, accompagné de la voix de la chanteuse Camille, pas trop marquée, est très agréable voire envoûtante ce qui permet de prolonger la dimension onirique, renforcée par de magnifiques couleurs dans des teintes blanc-jaune.

Concernant le doublage, les personnages sont incarnés par un casting quatre étoiles. André Dussolier prête sa voix avec beaucoup de tendresse à l’aviateur, véritable trait d’union entre l’enfance et le monde adulte tandis que Marion Cottilard est la Rose, symbole de l’amitié et de l’essentiel (la rencontre entre la Rose et le Petit Prince révèle une scène féérique), Laurent Lafitte, le Vaniteux et Vincent Lindon, le Businessman. Guillaume Gallienne se réincarne dans la peau du Serpent alors que Vincent Cassel interprète le Renard. Enfin, c’est la voix de l’humoriste Florence Foresti qui se cache derrière la mère de la petite fille. C’est toute une pléiade de personnages attachants qui évolue sous nos yeux émerveillés et nous sommes pris d’empathie pour chacun d’entre eux. Alors que le Petit Prince apprivoise le Renard, l’amitié de l’aviateur et de la petite fille se développe en parallèle, nous offrant deux belles leçons de vie : « on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux » et le fait que c’est le temps que le Petit Prince lui a consacré qui fait sa Rose si importante. En sortant de la séance, on ressent le besoin d’exprimer tout l’amour que l’on a pour nos proches et nos amis, dans un élan de tendresse parfois dissimulé derrière une pudeur d’adulte.

L’ensemble est un film d’animation sans violence, drôle et émouvant, parfaitement bien dosé. Ce Petit Prince, présenté hors-compétition au dernier festival de Cannes, est un pur enchantement, une vraie réussite, tant sur le fond que sur la forme, qui fera rêver petits et grands, à condition de se laisser embarquer dans ce beau voyage, de se laisser prendre par la main pour s’évader mentalement avec les personnages et de remettre des étoiles dans les yeux d’un large public. Un hymne à la magie de l’innocence, à l’enfance, à l’émerveillement et à l’imagination, comme une urgence de ne pas grandir trop vite. Et si « le problème n’est pas de grandir mais d’oublier », nous ne sommes pas encore disposés à sortir de nos mémoires ce quasi chef-d’œuvre. Etre adulte sans oublier son âme d’enfant, voilà une bien jolie ambition que Mark Osborne nous fait toucher du bout des doigts, nous ramenant à l’essentiel avec une formidable leçon de vie et d’amour.

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