Alex Ramirès fait sa crise d’humour

Alex Ramirès, qui a assuré la première partie de l’humoriste Gad Elmaleh et du ventriloque Jeff Panacloc accompagné de son insolente mais hilarante marionnette Jean-Marc, s’installe au Théâtre des Blancs Manteaux et fait sa crise aussi bien d’immaturité que de rire, pour notre plus grand bonheur.

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A peine arrivé sur scène, Alex nous avoue qu’il a un défaut : il est immature. C’est ainsi que ce grand enfant amoureux de la vie va partager avec nous ses souvenirs d’écolier en récréation, le moment préféré de sa scolarité, avec le royaume de la polygamie enfantine ou les différents jeux teintés d’insouciance comme celui du péage d’une simple tape dans la main. Sa description hyper réaliste d’une scène de repas à la cantine est particulièrement plaisante, suivie de la vie plus générale à l’école où chaque protagoniste est comparé à un animal s’insérant dans une chaîne alimentaire, allant des tortues (les CP qui ont un cartable plus gros qu’eux sur le dos) aux autruches (les gamins qui courent partout sans savoir pourquoi) en passant par les girafes (les grands de quatorze ans qui ont redoublé plusieurs fois).

Dans une tenue très décontractée et tout de noir vêtu, Alex Ramirès va enchaîner les sketchs dans un one man show ponctué d’une grande dose d’humour tendre et de bons moments, tour à tour légers ou plus profonds. Tout s’incorpore avec une fluidité notable et chaque scène devient un savoureux instant de bonne humeur. De sa chanson pour l’entretien d’embauche, hilarante, aux pubs et aux super-héros (dont la conversation ressemblant à un coming-out déguisé est très juste), nous nous laissons emporter par le bel univers de ce comédien talentueux, interprétant également un candidat de téléréalité, un peu trop caricatural, mais si réaliste et drôle à souhait. De quoi préférer sortir que de subir cela dans la petite lucarne mais cela nous rappelle forcément un subtil mélange de tous ceux qui se lancent dans ce genre d’aventures. Au détour de quelques expressions sélectionnées avec soin et maniées avec tact, nous nous interrogeons sur le syndrome du VDST (Vieux Dans Sa Tête) et regrettons amèrement de ne pas connaître Tatie chez qui on doit bien rire le mercredi, malgré un passage sensible et touchant sur la comparaison très juste entre être amoureux et une grosse cuite.

Les jeux de lumières renforcent le dynamisme de l’ensemble, cohérent et rondement mené, mis en scène avec attention par Stéphane Cazès. L’écriture, subtile et délicate, touche à notre âme en un instant. Alex Ramirès aime le cinéma pour oublier sa vie ordinaire et la rendre extraordinaire. Ce soir-là, juste après les attentats de Paris, il aura réussi à rendre notre soirée un peu moins morose et à nous faire oublier toute l’horreur du monde ambiant en troquant une heure de notre temps en soixante minutes de douceur avec une générosité scénique efficace venant d’un comédien qui a su garder un côté simple et accessible qui met totalement à l’aise. Autant donc de bonnes raisons de ne pas se priver d’un divertissement de cette qualité et courir remplir les bancs du Théâtre des Blancs-Manteaux.

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