Il est beau le résultat des Bêtises des sœurs Philippon

Les sœurs Philippon reprennent le court métrage de fin d’études de Rose pour transformer l’essai et en faire un premier film touchant proche de l’univers de Jacques Tati au scénario original et au casting fort sympathique.

Trente-cinq ans après avoir été abandonné à la naissance, François part à la recherche de sa mère biologique. Partageant le même prénom mais aussi le côté gaffeur et malchanceux que Pignon, personnage de fiction de Francis Veber, il obtient des informations auprès de l’administration grâce aux conséquences de l’une de ses maladresses. Avec un peu d’audace, il se fait engager comme extra pour la fête d’anniversaire que sa mère organise. Mais la fête tourne au fiasco quand sa véritable famille découvre son imposture.

Du générique initial, très animé qui rend hommage aux grands classiques cinématographiques des sixties ou des seventies, à celui de fin, haut en couleurs sur la musique Basta Cazzate de Christophe (qui signe ici son retour en chanson), le long-métrage farfelu des sœurs Rose et Alice Philippon est très bien écrit et admirablement filmé. Rythmée, drôle mais également touchante comme lorsque le personnage interprète, d’abord hésitant et murmurant puis de manière enjouée la célèbre chanson de Sabine Paturel, Les Bêtises, qui donne son titre au film, cette comédie tendre et légère traite pourtant de sujets graves : l’accouchement sous X, l’adoption, la recherche de ses origines. Néanmoins, le parti pris est celui du burlesque avec une première partie très loufoque avant de glisser doucement vers le réalisme, même si la fête costumée présente un aspect fortement décalé. Il faut dire tout de même que Les Bêtises va directement à l’essentiel et sa courte durée en fait un concentré de bonne humeur, sans scènes inutiles. Le spectateur suit avec plaisir les situations maladroites dans lesquelles François se laisse entraîner jusqu’aux retrouvailles émouvantes dans une scène de confrontation avec sa mère et ses deux demi-frères qui résume parfaitement la cohabitation de l’humour et de l’émotion.

Pour interpréter le personnage lunaire et d’un naturel maladroit qui bénéficie néanmoins parfois à bon escient de coups de pouce du destin, nous retrouvons Jérémie Elkaïm, très à l’aise et irrésistible dans ce rôle de trentenaire attachant, enchaînant les catastrophes. A ses côtés, Sara Giraudeau apporte beaucoup de fraîcheur mais également une touche plus sensible en campant Sonia, jeune femme naïve et singulière. Son jeu est très juste et elle est excellente, tout comme le loufoque Jonathan Lambert et le fabuleux Alexandre Steiger, en demi-frères que tout oppose. Anne Alvaro et Jacques Weber complètent le casting de cette charmante comédie servie par la musique de Fred Avril, parfaitement bien intégrée. Bien évidemment, comme dans tout premier film, il y a quelques maladresses mais nous les oublions bien vite grâce notamment aux dialogues percutants qui font mouche et au charme naturel d’un sympathique casting, faisant des Bêtises une agréable surprise. C’est frais et décalé comme le serait la dégustation d’une glace au bord de la mer en plein hiver.

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