Partie endiablée de chaises musicales

Le premier film de Marie Belhomme, sélectionné au Festival 2015 du film romantique de Cabourg, est un petit bijou qui met en scène une jeune femme lunaire et décalée qui va être prise à son propre jeu dans une partie de chaises musicales de la vie.

Perrine a 39 ans. Gaffeuse et immature, elle est musicienne « presque » professionnelle et anime tant bien que mal des goûters d’anniversaire. Un jour, déguisée en Dark Vador, elle provoque la chute d’un homme dans la benne d’une déchetterie alors qu’elle cherche son chemin. Lorsqu’elle apprend qu’il se trouve dans le coma, elle se rend à son chevet afin de s’excuser de s’être enfuie. De fil en aiguille, elle découvre qu’il donnait des cours de chant et se fait engager à sa place, momentanément. Puis, voulant l’aider, elle se retrouve à nourrir son chien, garder son fils Arsène et s’installer dans l’appartement du pauvre homme qui se bat pour rester vivant. Partie d’une bonne intention, Perrine va peu à peu se laisser entraîner par la cadence des chaises musicales : elle va s’approprier la vie de Fabrice, l’homme qu’elle a envoyé dans le coma. Elle cherche sa place en prenant celle des autres, comme au jeu des chaises musicales. Mais à la loterie de la vie, on ne gagne pas toujours ce que l’on veut et vient toujours un moment où chacun doit reprendre la place qui lui revient de droit.

La jeune femme timide, rêveuse et maladroite, c’est bien évidemment Isabelle Carré, lumineuse et d’une grande fraîcheur dans des costumes ridicules (déguisée en banane, elle est succulente) mais terriblement touchante. Habituée aux rôles de femmes décalées, en marge de la « norme », elle donne beaucoup de grâce à son personnage loufoque mais attachant qui nous emporte dans sa vie et nous fait entrer dans la ronde au son de son violon. La métaphore du titre et de la situation dans laquelle son personnage se trouve est évidente. Il faut entendre Isabelle Carré interpréter La chanson du hérisson pour une audition : c’est frais et savoureux comme une glace au bord de la piscine. Sa prestation, à la bonne humeur communicative, est un délice. Hormis le regard délicat posé sur l’héroïne paumée dans un monde d’adultes où elle peine à trouver sa place, une importance est donnée aux seconds rôles comme celui de Carmen Maura, l’une des actrices fétiches du cinéaste hispanique Pedro Almódovar, ou Philippe Rebbot, fabuleux. La réalisation, à la fois simple et efficace, sert un feel good movie court (1h23) et plaisant où chacun pourra s’identifier à un moment donné, sur une musique délicate et rythmée d’Alexis HK qui apporte douceur et vitamines au scénario audacieux et intelligent

Certes ce premier film est encore un peu maladroit (notamment la fin qui semble bâclée) mais il est plutôt prometteur d’un avenir radieux. Simplicité et charme font des Chaises musicales une comédie sentimentale et romantique, presque fleur bleue, qui saura séduire par sa fraîcheur, sa fantaisie et son originalité. Une jolie bouffée d’air frais à saisir dans la canicule estivale.

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