Le monde de Nathan : apprendre à affronter le monde extérieur

Morgan Matthews réalise avec Le monde de Nathan un film émouvant et sensible, à l’allure de récit initiatique, qui a obtenu le Prix Cannes Ecran Junior en mai 2015.

Nathan est un adolescent très discret qui a beaucoup de mal à entrer en contact avec les autres. Pourtant, il a beaucoup de choses à dire mais il a peur de les exprimer. Voyant le monde d’une autre façon, il est atteint du syndrome d’Asperger et souffre de troubles autistiques. Petit prodige en mathématiques, il se lie d’amitié avec Monsieur Humphreys, son professeur atteint d’une forme avancée de Sclérose en plaques, qui le pousse à participer aux Olympiades Internationales de Mathématiques qui auront lieu à Cambridge. Pour cela, il va devoir intégrer l’équipe britannique et affronter le monde extérieur lors des entraînements dans un camp à Taïwan. Il est contraint de travailler en binôme avec Zhang Mei, une fille de l’équipe chinoise et va découvre l’amour, sentiment qui lui était jusqu’alors totalement inconnu.

Asa Butterfield incarne avec force et conviction Nathan, cet adolescent qui est capable de résoudre une équation des plus complexes mais qui ne sait pas parler des choses simples de la vie comme n’importe quel autre jeune de son âge. Il ne parvient pas à établir un lien affectif et entrer en communication avec sa mère Julie depuis l’accident de voiture qui a coûté la vie à son père. Julie est une mère attentionnée mais désemparée, qui a mis de côté sa vie de femme pour s’occuper à temps plein de Nathan. Elle est interprétée par la sensible Sally Hawkins tandis que Rafe Spall est un professeur anticonformiste en souffrance très convaincant.

Filmant du point de vue de Nathan, le long-métrage de Morgan Matthews retranscrit avec fragilité et sensibilité au mieux sa condition d’autiste cherchant à pénétrer le monde des autres sans jamais tomber dans le pathos. Il porte un regard bienveillant et attendrissant sur ses personnages et injecte énormément d’humanité dans le traitement de la différence, de la souffrance et aussi du mal d’amour. La mise en scène est percutante et touchante, venant cueillir au creux de la main le spectateur, même si l’utilisation abusive des flash-back finit tout de même par agacer. Néanmoins, il ne s’agit pas d’une version modernisée de Rain Man. Avec un bon scénario, Le monde de Nathan est est film subtil et délicat qui narre une histoire prenante et juste, bien qu’un peu trop prévisible, au message universel : « aimer c’est ajouter une valeur en l’autre mais ça peut faire souffrir. ».

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