Comme un avion donne des ailes aux rêves

Après avoir pris l’habitude de le confier à son frère Denis, Bruno Podalydès s’offre pour la première fois le rôle principal de son dernier film Comme un avion et nous embarque à bord de son univers farfelu. Un pur enchantement.

Michel fête son anniversaire mais le cœur n’y est pas. Travaillant dans la conception de maquettes 3D, il est amené un beau jour à chercher sur Internet des palindromes, ces mots qui peuvent se lire dans les deux sens sans en altérer leur signification. C’est ainsi qu’il se prend de passion pour le kayak, parfait palindrome tout comme le verbe rêver. Lui qui rêve en vain d’aéropostale, le voilà qui achète une embarcation et se prépare pour une parenthèse hédoniste au fil de l’eau et au gré du courant de la rivière afin de faire le point sur sa vie. Tel un grand enfant puisant sa science dans le Manuel des Castors Junior, il annonce à son patron et à sa femme qu’il éprouve le besoin de se recentrer et qu’il va partir. Sur des airs de Fugues de Bach, il bâtit son rêve avant le grand départ et le temps des rencontres comme celle avec Laëtitia dont les cerisiers s’épanouissent au son de France Culture.

Ce personnage un brin lunaire part à l’aventure en embarquant avec lui le spectateur qu’il entraîne dans sa douce folie. Il se cherche entre désir et réalité, rêve et envie. Alors qu’il navigue à côté de sa vie, Comme un avion laisse entrouvert une succession de petits moments tendres, charmants teintés de poésie et de douceur comme par exemple le jeu de piste sensuel avec Laëtitia, interprétée par la rayonnante Agnès Jaoui. Bruno Podalydès est bien évidemment convaincant, à la fois drôle et décalé. Son jeu est réjouissant dans ce film au ton léger qui permet de s’évader quelques instants hors du temps. Rachelle, l’épouse de Michel, la radieuse Sandrine Kiberlain, est touchante bien que peu sincère, à l’inverse du personnage de Vimala Pons, figure montante du cinéma français. Pierre Arditi (qui a un petit rôle secondaire) est hilarant. La bande-son nous fait passer de Bach à Moustaki en passant par Bashung qui interprète Vénus, le générique de fin composé par Gérard Manset.

Rappelant Partie de campagne de Renoir, les scènes champêtres et bucoliques confèrent au film une douce rêverie et une mélancolie salutaire faisant de ce long-métrage une comédie décalée et fantaisiste, véritable hymne au Carpe Diem. Ce grand bol d’air frais est sans aucun doute l’une des meilleures réalisations de Bruno Podalydès qui se laisse porter par le courant de la vie, et il a bien raison car il donne envie au spectateur de le suivre encore longtemps sur les chemins sinueux de la rivière de l’existence.

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