Un vent de fraîcheur souffle sur Les Souvenirs de Jean-Paul Rouve

Pour son nouveau long-métrage, l’acteur et réalisateur Jean-Paul Rouve adapte le roman de David Foenkinos et décide d’aborder les liens intergénérationnels en offrant une succession de petits instants de bonheur doux et tendres.

affiche du film

Le film s’ouvre sur l’enterrement du grand-père auquel Romain arrive en retard car il s’est trompé de cimetière… Le ton est donné ! Le sujet sera traité de façon drôle sans stéréotype. Le scénario est simple et le thème universel. Cela fonctionne parfaitement. En choisissant cet angle d’attaque, Jean-Paul Rouve dépeint avec tendresse l’isolement que provoque un placement en maison de retraite, où Madeleine a du mal à trouver sa place et ne trouve des moments de répit uniquement pendant les visites de Romain. Les enterrements se succèdent à la vitesse des souvenirs que l’on égrène au vent du temps qui passe. Madeleine décide alors de fuguer, façon d’exprimer son besoin de retourner en enfance, avec pour fond les paysages apaisants d’Etretat. Même si la fin semble connue d’avance, ce film est un véritable rayon de soleil pour tous les personnages qui se trouvent chacun à un tournant décisif de leur vie.

Avec un formidable casting, les thèmes de l’amour et de la vie sont traités de façon drôle et mélancolique avec beaucoup de charme et de finesse. La pétillante Annie Cordy est une grand-mère pleine de fantaisie, tendre et sincère, ouverte, compréhensive mais surtout très attachée à son petit-fils Romain à qui Mathieu Spinosi (vu notamment dans la série Clem) transmet toute sa sensibilité. Il fait de son personnage un jeune homme tendre et optimiste qui porte un regard compatissant sur les membres de sa famille. Il est tout simplement parfait. Michel Blanc en père inquiet excelle également et ravira ses fans nostalgiques de l’époque Marche à l’ombre. Chantal Lauby incarne la mère douce et effacée. On regretterait presque que son rôle ne prenne pas un peu plus de place, tout comme Audrey Lamy, la directrice exubérante et lumineuse de la maison de retraite. N’oublions pas l’excellent William Lebghil qui fait de Karim, le colocataire naïf et drôle, un personnage d’une fraicheur et d’une légèreté saisissantes ainsi que la sensible et talentueuse Flore Bonaventura (Louise) en institutrice impliquée et bienveillante.

Le spectateur est transporté dans ces tranches de vie et partagé entre rire (la scène où l’employée de l’office de tourisme explique les risques des suicides aux falaises en cas de vent est délicieuse) et émotion pure (la journée de Madeleine à l’école, telle une Madeleine de Proust, est bouleversante) sur une bande-son d’Alexis Rault qui sert à merveille le tourbillon émotionnel des personnages, à la fois mélancolique et plein d’espoir. Ce film à la fois doux et fort est une belle pépite pour ce début d’année. Il transpire l’authenticité, est à la fois juste, sincère et bouleversant de vérité. Il n’y a pas d’âge pour rêver, l’essentiel étant d’aller aux bouts de ses désirs les plus enfouis et cela Les Souvenirs nous le rappelle avec charme et finesse dans une succession de moments qui font du bien comme les premiers flocons de neige tombant sur la campagne endormie aux prémices de l’hiver.

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