Papa ou Maman : l’amour vache au profit de la liberté

Pour son premier film, Martin Bourboulon nous plonge dans une comédie romantique déguisée à travers le quotidien qu’un couple adepte de l’amour vache. Le scénario et les dialogues, signés par les auteurs du Prénom, font mouche dans cette irrésistible guerre du divorce, prix d’Alpes d’Huez 2015.

affiche

Quand Florence et Vincent se sont rencontrés, l’amour vache était déjà au rendez-vous. Quinze ans plus tard, lors d’un dîner avec des amis, ils annoncent leur intention de divorcer. Cela ressemble au divorce idéal, à une décision mûrement réfléchie et assumée par deux adultes qui s’estiment, qui veulent réussir cette nouvelle étape. Mais une simple jalousie va tout faire basculer. En effet, Florence se voit proposer un chantier au Danemark au même moment où Vincent voit sa demande de mission humanitaire en Haïti acceptée par sa hiérarchie.  Ils vont alors tout faire pour ne pas avoir la garde des enfants à qui ils ont beaucoup de mal à annoncer leur décision et ainsi retrouver leur liberté afin de profiter pleinement de la promotion dont ils ont toujours rêvée. Les spectateurs rient de bon cœur et les répliques sont pleines de mordant. Chaque parent tente de semer le doute dans l’esprit des enfants où tous les coups sont permis. Le rythme est soutenu dans cette succession de coups bas. Les scènes sont savoureuses, comme lorsque Florence se rend à la soirée ado de sa fille.

Laurent Lafitte (loin de ses rôles de la Comédie-Française) et Marina Foïs donnent vie à ce couple déjanté prêt à tout. Impossible de ne pas penser au duo Marion Cotillard et Guillaume Canet qui, dans le chef-d’œuvre Jeux d’enfants se lançait des défis à la vie à la mort pour prouver leur affection en faisant souffrir l’être aimé. On retrouve dans Papa ou Maman ces scènes un peu trash et parfois humiliantes, servies par un humour noir, politiquement incorrect où les gags s’enchaînent sans aucun temps mort. Notons également les petites apparitions d’un autre sociétaire de la Comédie-Française, l’irrésistible Michel Vuillermoz, particulièrement convaincant dans le rôle du patron de Florence. Laurent Lafitte est savoureux dans ce rôle de père de famille rivalisant d’ingéniosité avec Marina Foïs qui est quant à elle d’une grande fraicheur et surprenante à souhait en femme amoureuse mais trop fière pour s’avouer vaincue. Un couple hilarant qui fonctionne parfaitement bien à l’écran et duquel émane une belle complicité artistique.

Le scénario est original, inattendu et montre à quel point il est parfois difficile de se mettre d’accord sur ses désaccords.  Cette histoire de reconquête passera par un humour acceptable, méchamment drôle, sans jamais tomber dans le cynisme et en fait un film qui donne envie de divorcer pour au final mieux se retrouver et s’aimer.

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