Les jardins du Roi : agréable mais peu transcendant

Pour son deuxième long-métrage, Alan Rickman nous dresse un portrait très moderne d’une femme créatrice à la cour du Roi-Soleil et signe une véritable ode à la beauté de la nature. Une vingtaine d’années après Raisons et Sentiments réalisé par Ang Lee, Les Jardins du Roi marque les retrouvailles entre le réalisateur et l’actrice Kate Winslet sur qui le temps ne semble pas avoir d’emprise.

Affiche du film

Paris, 1682. Madame de Barra, personnage purement fictif sorti tout droit de l’imaginaire d’Alan Rickman, est reçue par André Le Nôtre, jardinier du Roi, dans le cadre d’un entretien afin de concevoir les jardins de Versailles. Elle se voit confier la dure responsabilité de la réalisation du bosquet des Rocailles, bien que Le Nôtre ne se montre pleinement convaincu à cause du manque d’ordre et de rigueur des propositions de plans de la jeune femme. Plongée dans un univers masculin, elle va tenter de magnifier la nature afin de faire éclore une salle de bal extérieure avec toute sa créativité et sa sensibilité. Refoulant d’abord leur amour naissant, ils se laissent peu à peu entraîner dans cette histoire cousue de fil blanc et un peu trop simpliste.

Bien que le film en costumes soit visuellement très beau, accompagné d’une superbe musique signée Peter Gregson, le scénario est un peu léger pour une fiction qui se veut historique tout en occultant la véracité des faits jusque dans les moindres détails. Truffé d’anachronismes et de visions erronées de la Cour de Louis XIV, le film se veut plus proche du public et la distance avec l’histoire permet une identification plus aisée. Mais l’absence de rigueur historique conjuguée à un scénario peu consistant, et plutôt prévisible font des Jardins du Roi un long-métrage peu transcendant. Souffrant de quelques longueurs dûes à un rythme très lent frôlant l’ennui et à de nombreuses séquences sans grand intérêt qui ne justifient nullement les deux heures de séance, le film est néanmoins sauvé par des interprètes de qualité, laissant entrevoir toute l’étendue de leur talent, à commencer par Kate Winsley qui rayonne à la cour du Roi-Soleil par sa grâce naturelle d’héroïne des temps modernes. Tout comme elle, Matthias Schoenaerts, omniprésent sur les écrans actuellement, intègre beaucoup de douceur et de mystère à son personnage qui en devient fascinant. Le charme de leur couple fonctionne à merveille, faisant succomber les spectateurs. Cependant, Alan Rickman interprète un Roi-Soleil qui a tout d’un astre éteint. Mélancolique et distant, son personnage est hautain et semble peu accessible. C’est dommage car à l’inverse, Stanley Tucci campe un Duc d’Orléans prétentieux mais très drôle et s’attire tous les reflets solaires.

« Un peu d’audace peut tout changer dans un monde de traditions » disait la bande-annonce mais Alan Rickman, dont l’univers est assez proche du répertoire de Shakespeare qu’il a maintes fois exploré au théâtre, passe à côté de ses ambitions de cette romance royale un brin guimauve.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s