Journal d’une femme de chambre : film soporifique sans grand intérêt

Adapté à maintes reprises, le roman d’Octave Mirbeau, Journal d’une femme de chambre, ne trouve ici qu’une version plate et ennuyeuse du réalisateur Benoît Jacquot, bien que très fidèle au texte d’origine, où tout sonne faux.

 affiche du film

Après Les adieux à la reine, où il observait la chute de l’Ancien Régime à travers le regard d’une dame de compagnie de Marie-Antoinette, Benoît Jacquot s’intéresse ici à la société française du début du XXème siècle dans une chronique sociale et provinciale modernisée aux dialogues acérés. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est très décevant et que la mauvaise direction d’acteurs permet au film de s’enliser dans une succession de plans resserrés sans grand intérêt. Aucune émotion, aucune surprise n’émane de ce long-métrage plat et fade, très linéaire qui souffre de quelques longueurs malgré une courte durée (1h30). Tout est effleuré sans jamais prendre la place attendue. Au final, c’est un film propret mais creux, non habité.

Jeune femme de chambre au caractère bien trempé, l’interprétation de la belle Léa Seydoux manque cruellement de crédibilité, ne serait-ce que dans les magnifiques toilettes qu’elle porte, bien trop coûteuses pour une modeste employée. Très médiocre, son jeu est inexistant. A ses côtés, Vincent Lindon, personnage mystérieux, antisémite et un peu bourru qui fascine l’héroïne, est fidèle à lui-même, sans aucune saveur. Il parle peu mais manque indéniablement d’articulation au point de devenir inaudible. Même les seconds rôles sont fades, comme la patronne psychorigide jouée par Clotilde Mollet (envoûtante dans Le fabuleux destin d’Amélie Poulain) ou la placeuse interprétée par la néanmoins formidable Dominique Reymond (qui vient tout juste d’obtenir un Molière pour son second rôle dans la pièce Comment vous racontez la partie de Yasmina Reza). A cela s’ajoute les trop nombreux flash-back qui gâchent une intrigue déjà fort peu captivante. Même la musique de Bruno Coulais n’arrive pas à nous sauver d’un ennui profond.

Sans grand intérêt, ce film soporifique aura au moins le mérite d’éveiller chez le spectateur une folle envie de revoir l’excellente et profonde adaptation de Luis Buñuel avec une Jeanne Moreau formidable en Célestine, bien plus garce et beaucoup moins lisse que la belle mais inexpressive Léa Seydoux.

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2 réflexions sur “Journal d’une femme de chambre : film soporifique sans grand intérêt

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