Disparue en hiver : entre thriller et drame psychologique, Kad Merad sort des ténèbres

Pour son premier film, Christophe Lamotte prouve qu’il est un réalisateur très prometteur en nous entraînant avec une certaine noirceur dans l’histoire de cet ancien flic reconverti en agent de recouvrement de dettes qui va aller au bout de lui-même pour panser ses blessures enfouies.

 affiche du film

Daniel Vernant est agent de recouvrement et mène une existence solitaire. Un soir, à la sortie d’un restaurant, il est abordé par Laura, une jeune fille qui lui demande de la déposer à un endroit avant de lui proposer ses faveurs. Choqué, il la laisse en forêt avant de revenir sur ses pas, pris de remords, sans la retrouver. Il apprend par hasard par sa grand-mère qu’elle n’est pas rentrée chez elle. Dès lors, Daniel va être entraîné dans cette histoire qui n’est pas la sienne mais pour laquelle il va renouer avec ses propres blessures, tout en faisant face à la mutation de son ex-femme, mutée comme infirmière en chef dans un hôpital parisien, avec laquelle il est impliqué dans un couple dépassé par les non-dits et les blessures du passé.  Il va découvrir une bande-son semblable à un journal intime qui va le mener à la vérité. Sur les K7, Laura raconte sa descente aux enfers entre SM, voyeurisme et échangisme. Au fur et à mesure de son enquête, Daniel perd pied. Son boulot et sa vie personnelle lui échappent mais il poursuit son enquête nocturne, sur les pas de Laura et de son calvaire. Grâce à lui la vérité finira par éclater et elle lui permettra de faire le deuil de sa propre fille, noyée, qu’il n’avait pu faire jusqu’ici, ayant perdu le seul sens qu’il donnait à sa vie.

Sur une musique d’André Dziezuk, le spectateur assiste à une sorte de catharsis de cet homme blessé, brisé par un drame personnel auquel il a été incapable de faire face (il n’a pas pleuré à la mort de sa fille et tente en menant l’enquête d’expulser sa douleur et sa tristesse) dans des décors hivernaux sublimes et profonds d’où se dégage une grande sérénité. Kad Merad nous prouve ici qu’il n’est pas seulement un comique : il peut également jouer sur toute la palette des émotions. Plus habitué aux comédies qu’aux rôles sensibles, Kad Merad campe ici un homme brisé qui se laisse happé par ses démons. Il hérite là d’un rôle juste et très émouvant, formidablement subtil dans son combat personnel. Il peut être très fier de ce rôle d’homme désabusé qui tente de retrouver un semblant de sens à sa vie. Il joue sur la corde sensible, parfois avec toute l’énergie du désespoir mais se montre extrêmement convaincant dans un registre inhabituel. Lola Creton, qui interprète Laura, est quant à elle d’une grande force malgré une fragilité apparente. Elle est excellente dans ce second rôle très convaincant.

Disparue en hiver mérite amplement d’être vu, notamment pour pouvoir apprécier Kad Merad dans un registre où il excelle : l’émotion.

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