Christina Noble : aller au bout de ses rêves pour accomplir son destin

Pour retracer l’histoire véridique et le destin exceptionnel de sa compatriote irlandaise Christina Noble, le réalisateur Stephen Bradley signe un biopic captivant, d’une grande puissance, qui ne peut laisser indifférent, avec une très belle sensibilité.

Affiche du film

Christina est une petite fille qui adule Doris Day et s’adresse à Dieu avec toute la candeur de son jeune âge. Elle rêve de gloire et de reconnaissance en participant à des concours de chant en Irlande. Mais lorsque sa mère meurt l’année de ses 10 ans, toute l’existence de cette enfant est chamboulée. S’ensuit alors une vie de misère, prémices d’un destin hors du commun. Séparée de ses cinq frères et sœurs, elle est placée dans un orphelinat catholique d’où elle s’enfuira six ans plus tard. Devenue SDF, son côté débrouillarde lui permet de trouver un emploi mais elle sera victime d’un viol collectif et mettra au monde un fils, Thomas, qui lui sera retiré de force pour être proposé à l’adoption. Elle ne retrouvera jamais son enfant et gardera à vie cette blessure ouverte. A dix-huit ans, elle fuit son Irlande natale pour rejoindre une amie à Birmingham où elle se mariera et aura 3 enfants avant de se séparer de son époux pour violences conjugales. Elle continue d’interroger Dieu comme un confident muet, cherchant à savoir pourquoi il l’a abandonné et s’il prévoit de grandes choses pour elle.

C’est en 1989 qu’elle débarque au Vietnam, un pays dont elle rêvait enfant, sans même être capable de le situer sur une carte. Elle prend sous son aile deux petites vagabondes puis d’autres enfants errants. Questionnant toujours Dieu, elle s’interroge profondément sur sa foi. C’est alors qu’elle tombe par hasard sur un orphelinat. En le visitant, elle va chercher à savoir comment aider les enfants des rues. Souhaitant fonder un centre médico-social, elle va se battre de toutes ses forces pour voir son projet aboutir, même s’il ressemble à une goutte d’eau dans l’océan mais qu’importe, sa détermination sera la plus forte. Elle accomplira sa destinée en créant une fondation à son nom qui apporte depuis 1991 aide et secours aux enfants démunis du Vietnam et de Mongolie.

Malgré une mise en scène plutôt classique et stricte, l’alternance du passé et du présent, à l’aide de nombreux flashbacks et ellipses, permet d’assembler les pièces du puzzle de sa vie afin de comprendre le cheminement pour aboutir à un tel projet et accentue également le témoignage poignant du combat de toute une vie et du courage extraordinaire de cette femme malgré ses propres souffrances, sans jamais tomber dans le pathos et la facilité. Sa jeunesse dans les quartiers pauvres de Dublin s’entremêle avec sa vie d’adulte au Vietnam puisque c’est ce qui a forgé son caractère si tenace et qui fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. Le film livre une belle leçon de courage, d’humilité et de générosité. Pourtant, au regard de la société actuelle, égoïste et individualiste, l’altruisme ne semble être qu’une utopie parfaite. Et c’est bien là la force du long-métrage de Stephen Bradley qui redonne foi en l’humanité, insufflant à chacun d’apporter une petite pierre à l’édifice pour construire un monde meilleur, sans pour autant y consacrer sa vie comme l’a fait Christina Noble, véritable héroïne œuvrant dans l’ombre pour des enfants à la dérive.

Pour retracer le parcours atypique qui l’a mené à aller au bout de son projet afin de pouvoir offrir aux enfants dans le besoin amour, attention, hébergement et protection contre l’exploitation, trois merveilleuses actrices se succèdent pour incarner Mama Tina. D’abord Gloria Cramer Curtis étonnante de naturelle en petite fille délurée. Adolescente, Christina prend vie sous les traits de Sarah Greene, très convaincante avant de laisser place à Deirdre O’Kane dont le jeu sobre et juste est parfaitement maîtrisé, s’accordant même des moments drôles et plus légers. Sur une bande-son éclectique signée Giles Martin et Ben Foster, allant de Dvörak à Coldplay en passant par la voix envoûtante de Doris Day, Stephen Bradley nous invite à nous interroger sur l’impact de notre existence à travers le portrait d’une poussière de vie profondément humaine.

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