Cendrillon : du courage et de la bienfaisance au détriment de la magie

L’acteur et réalisateur nord-irlandais Kenneth Branagh, habitué à adapter avec talent Shakespeare au cinéma, s’intéresse ici au monde de Disney en reprenant le grand classique de Cendrillon. Si le message délivré est très innovant et louable, en revanche, la magie n’opère pas toujours.

affiche du film

En avant-programme, Disney propose un court métrage, La Reine des Neiges une fête givrée, à la fois drôle et enlevé qui permet aux spectateurs d’être dans de bonnes dispositions, nostalgiques de l’enfance et des dessins animés. Et pourtant, la réalisation de Cendrillon par Kenneth Branagh n’a rien d’un film à voir avec des enfants en bas-âge. Bien que le long-métrage soit assez fidèle à l’esprit de la version des années 50, la magie des contes de fées en moins, ce scénario empli de bons sentiments est plutôt banal et mièvre et fait de cette relecture une adaptation correcte mais qui manque d’audace et d’originalité.

La réalisation est très picturale, comme la scène initiale semblant sortir tout droit d’un tableau de Renoir où serait peint le bonheur de jeunes parents amoureux et insouciant autour de leur bébé, Ella. Dans des décors bucoliques et avec des costumes plutôt kitsch aux couleurs vives de mauvais goût (excepté pour la somptueuse robe de bal de Cendrillon, d’un bleu céleste envoûtant), le réalisateur s’attarde sur l’épisode de l’enfance de la petite Ella et décrit un aspect plus psychologique que dans le conte de Charles Perrault pour expliquer la soumission de la jeune fille surnommée Cendrillon face à la marâtre. En effet, au moment de mourir, la mère de la fillette lui confie un secret, celui d’être toujours courageuse et bienveillante car cela est source de pouvoir. Ella tiendra sa promesse coûte que coûte.

La présence de la voix off n’est pas une idée lumineuse mais cette tentative de modernisation du conte est sauvée par la présence magistrale de Cate Blanchett en irrésistible marâtre qui réinvente ici la figure de la méchante. Elle est parfaite et très convaincante dans ce rôle particulièrement savoureux. Comme dans la version des années 50 , les deux sœurs, Javotte et Anastasie, sont aussi sottes que méchantes et sont tournées en ridicule. Richard Madden campe un Prince Charmant, Kit, bien loin des canons de beauté actuels et peine à faire rêver les jeunes filles, excepté les midinettes romantiques. Lily James quant à elle est une Cendrillon moins naïve que dans la version dessin animé et sa beauté resplendissante enchante les scènes clés du film. A noter également la présence d’Hélène Bonham Carter qui fait des miracles dans le rôle de l’hilarante bonne fée rappelant étrangement celle de Demy dans l’inoubliable Peau d’Âne.

On attendait davantage de Kenneth Branagh qu’un pur divertissement mais les adultes restant de grands enfants, il nous invite à replonger avec délice dans la rêverie et l’innocence des contes de fées. Dommage qu’il ait manqué d’audace pour revisiter ce qui reste l’un des plus grands succès de Charles Perrault made in Disney.

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