Saison 15-16 de l’Espace Jean Legendre : programmation éclectique et hybride

Les Théâtres de Compiègne (Théâtre Impérial, scène musicale et lyrique, et l’Espace Jean Legendre, lieu pluridisciplinaire) forment sans conteste le pôle artistique et culturel le plus important de l’Oise.  Cette saison encore, nous pourrons retrouver tous les champs artistiques sur les scènes de Compiègne. Retour sur une programmation riche, variée et passionnante.

Photo du site Jean Legendre

C’est devant une salle comble que le directeur Eric Rouchaud a présenté la nouvelle saison de l’Espace Jean Legendre ce lundi 8 juin 2015, 4 jours après avoir dévoilé celle du Théâtre Impérial, lieu associé. Cette année, ce n’est pas moins de 26 coproductions qui seront diffusées en France et dans le monde, c’est dire la dimension nationale et internationale de Compiègne. La saison 2015-2016 s’attache à conjuguer toutes les disciplines artistiques séparément ou au sein d’un même spectacle. Petite nouveauté à signaler, les Samedi ? ça me dit bien ! seront un moment convivial en lien avec les temps forts de la programmation de la saison, durant 7 samedis entre 16h et 17h30.

Côté théâtre tout d’abord, nous retrouverons en ouverture le jeudi 1er et vendredi 2 octobre le Molière 2014 du théâtre musical : Le Crocodile trompeur, Didon et Enée, au carrefour entre le théâtre contemporain et l’opéra, mêlant musiciens, chanteurs et acteurs. Candide, si c’est ça le meilleur des mondes…, d’après Voltaire, sera revu quelques jours plus tard par Maëlle Poésy, jeune metteur en scène avec la Compagnie Drôle de Bizarre. Place ensuite au Québec (très présent cette saison), avec Albertine, en cinq temps, un chef d’œuvre de la littérature québécoise de Michel Tremblay, qui réunit six comédiennes de talent. Albertine (qui dialogue à cinq voix avec elle-même mais à des âges différents) et sa sœur Madeleine posent un regard amer sur leur existence, dans une mise en scène de Lorraine Pintal. Le Dibbouk ou entre deux mondes, création de Shlomo An-ski, présentera une tragique histoire d’amour mystique entre musique, chant et danse avant de laisser place à Inuk, une autre création (et coproduction de l’Espace Jean Legendre) que David Gauchard (artiste associé) est venu nous présenter avec beaucoup de douceur. Ce spectacle en cours d’écriture, très visuel, sensoriel et avec beaucoup de musique, s’adresse à l’enfant, celui que nous sommes, souhaitant reproduire l’émerveillement des sensations. Ancien malade des hôpitaux de Paris, de Daniel Pennac, sera mis en scène par Benjamin Guillard. Véritable délice de comédie avec Olivier Saladin (ex-Deschiens) qui nous entraînera dans d’hilarantes péripéties au sein d’un hôpital. Laurent Laffargue, plusieurs fois nommé aux Molières, présentera une nouvelle version de la pièce de Marivaux Le jeu de l’amour et du hasard, dans une brillante adaptation portée par de jeunes comédiens. Février marquera aussi la présence des Pâtissières de Jean-Marie Piemme, une comédie féroce, régal d’humour noir à ne pas rater. Les virtuoses du gag qui aiment rire et faire rire, Jos Houben et Marcello Magni, cosignent et interprèteront Marcel, spectacle qui s’inscrit dans la pure tradition du burlesque. Enfin, les beaux jours de mai verront la nouvelle création de Fabio Alessandrini, Monsieur Kaïros (du nom de la divinité grecque du temps de l’intimité) dans laquelle Carlo Brandt (qui a beaucoup travaillé à la Colline ou à l’Odéon) naviguera entre fiction et réalité.

Côté danse, Barbe-Neige et les sept petits cochons au bois dormant détournera les contes pour enfants pour notre plus grand plaisir au sein d’un spectacle familial coloré à l’humour féroce avant de céder les planches à la chorégraphe Catherine Berbessou qui recouvrira le sol d’une couche de terre, matière mouvante et organique qui sublimera les pas pour Valser le plus beau tango du monde par l’excellent Ballet du Capitole de Toulouse dirigé par l’ex-étoile de l’Opéra de Paris Kader Belarbi. Les Ballets Jazz de Montréal présenteront trois pièces (Mono Lisa, Rouge et Harry) à la chorégraphie renversante, pleine d’énergie et d’humour. Benjamin Millepied, nouveau directeur de la Danse de l’Opéra de Paris, viendra avec sa compagnie du L.A. Dance Project pour trois pièces, créations musicales et chorégraphiques harmonieuses. Deux spectacles de cirque (Cuisine et Confessions puis Il n’est pas encore minuit…) seront programmés ainsi que trois concerts (Dominique A, meilleur artiste masculin 2013 primé aux Victoires de la Musique, les ukrainiens DakhaBrakha et David Enhco pour une soirée jazzy) et deux spectacles musicaux (L’Opéra de quatre notes de Tom Johnson mis en scène par Shirley et Dino puis place à l’humour musical du Mozart Group, quatuor polonais farfelu).

Pour sa 19ème édition, le Festival Les Composites, mêlant les arts vivants, visuels et numériques, se tiendra en mars 2016 et fera la part belle aux créations hybrides. En ouverture de festival, Le Mouvement de l’air de Claire Bardainne et Adrien Mondot défiera l’apesenteur puis l’orchestre Le Balcon (ensemble partenaire également au Théâtre Impérial) proposera un concert intitulé Lieux Perdus dans lequel le jeune et dynamique chef Maxime Pascal étonnera et séduira le public avec son concert immersif au casque. Mêlant théâtre et vidéo, L’Homme qui rit, d’après Victor Hugo dénoncera les injustices sublimées grâce au Collectif 8.  L’artiste partenaire Joris Mathieu présentera quant à lui Hikikomori, le refuge avec un dispositif sonore (au casque) original qui s’adressera à toutes les générations qui entendront chacune une version différente de l’histoire à l’aide de la voix off. Radicalement différent de la version qui sera montée à Paris par le phénoménal Thomas Jolly, Richard III (loyaulté me lie) fera son apparition à l’Espace Jean Legendre pour clôturer le festival, avec Elodie Bordas et Jean Lambert-wild (venu parler de son spectacle avec, emportant l’adhésion du public). Une version clownesque dans laquelle nous retrouverons la joie du théâtre à l’italienne mixé avec les nouvelles technologies. A noter également cette saison le spectacle dès 2 ans Papa est en bas pour aborder la parentalité en douceur, l’exposition Street Art de 1980 à nos jours et celle Rêves d’enfance. Les abonnements internet débuteront le 18 juin et ceux sur place se feront dans les deux théâtres le 20 juin avant de se poursuivre tout au long de la saison.

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