Novecento : une magnifique traversée poétique et musicale

André Dussollier a fait salle comble le soir de son anniversaire à l’Espace Jean Legendre de Compiègne pour une sublime représentation de Novecento où il met en scène et interprète avec brio le texte de l’écrivain italien Alessandro Baricco, accompagné d’un quartet de jazz.

 piano bateau

La voix si reconnaissable d’André Dussollier résonne dans le théâtre pour reconstituer magnifiquement et sobrement l’histoire de cet enfant, Danny Boodmann T.D Lemon Novecento, abandonné à sa naissance en 1900 (d’où son nom) dans une caisse en bois posée sur le piano de la salle de bal d’un bateau. Il sera élevé par l’équipage, et deviendra un grand pianiste de jazz qui ne quittera jamais le navire Virginian, malgré la tentation et la tentative avortée de mettre pied à terre. Virtuose aux multiples facettes, André Dussollier se lance dans un formidable monologue et nous fait vivre tous les personnages qui peuplent le paquebot : tour à tour capitaine, matelot, passager ou trompettiste qui accompagnait Novecento, autodidacte qui ne connaît que la mer, dans l’orchestre sur le bateau, le comédien est énergique et nous dévoile toute l’étendue de son talent, en jouant de la trompette ou en courant de long en large sur le plateau avec la légèreté et la grâce d’un jeune premier, faisant naître alors toute l’illusion du théâtre avec tendresse et subtilité.

Novecento offre un grand moment de théâtre et ce serait bien dommage de se priver de la magistrale prestation d’André Dussollier, s’appropriant le texte avec finesse, humour, tendresse, légèreté et sensibilité. Au début, tel un présentateur de croisière, il dialogue avec le public à l’aide d’un texte truffé de bons jeux de mots qui font mouche et nous place sous le charme de ce trop court voyage Son interprétation tout en finesse, avec une diction parfaite, est un pur moment de bonheur. Nous nous laissons porter avec délice par sa voix envoûtante et incroyablement puissante, par la poésie d’un texte finement retravaillé et par la musique provenant directement du talent des musiciens présents sur scène. L’osmose entre les mots et les notes est parfaite. Dans une mise en scène assez minimaliste et un décor sommaire, l’acteur incarne à merveille les dialogues et virevolte sur scène avec la légèreté d’une feuille emportée au large par le vent.  Le scénographe Pierre-François Limbosch évoque New-York ou les éléments du paquebot avec une grande intelligence et créé une illusion parfaite

L’ovation finale, largement méritée, prouve une fois de plus que la magie des mots opère, mêlée au charme de la musique. André Dussollier vogue avec talent sur ce Novecento qui lui permet de déployer une très large palette de jeu, pour notre plus grand bonheur. Le soir de ses 69 ans, salué par une salle comble et debout, désireuse de lui souhaiter un joyeux anniversaire d’une seule et même voix, nous pouvions lire dans les yeux d’André Dussollier toute la reconnaissance et l’amour qu’il porte à son fidèle public qu’il embarque avec lui pour chavirer sur la croisière de la vie.

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