Intouchables : l’excellence à l’état pur

Après Nos jours heureux en 2006 où il interprète un mono de colonie, Omar Sy retrouve pour la troisième fois les réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano pour un film d’une grande justesse et d’une fraîcheur bienfaisante, véritable raz-de-marée cinématographique.

affiche du film

Inspiré de l’histoire vraie de Philippe Pozzo di Borgo, un tétraplégique fortuné et d’Abdel Yasmin Sellou son auxiliaire de vie, le film fait naître à l’écran une évidente complicité entre François Cluzet, qui interprète Philippe et Omar Sy dans le rôle de Driss. Le véritable protagoniste a raconté son aventure dans un poignant livre intitulé Le second souffle. Il a demandé aux réalisateurs d’en faire une comédie. La magie opère et l’on rit avec le (et non du)  handicap de ces personnages connectés par le même sens de l’humour de la vie.

Lorsque Driss se présente à un entretien, uniquement dans le but de faire signer un papier et de toucher tranquillement ses Assedic, il est loin d’imaginer que sa vie est sur le point de changer à jamais alors qu’il sort tout juste de 6 mois de prison pour le braquage d’une bijouterie et qu’il préfère traîner avec les jeunes de son quartier. Intrigué par sa personnalité extravagante, son franc-parler et son humour décapant, Philippe, riche homme cloué dans un fauteuil roulant à la suite d’un accident de parapente, décide de l’engager contre toute attente pour l’aider dans son quotidien. Il va ainsi le propulser dans un monde aristocratique et bourgeois qu’il méconnait, sur fond d’opéra et de musique classique. François Cluzet est bluffant dans ce rôle et apporte un regard tendre et bienveillant sur son personnage. Les deux protagonistes vont apprendre à s’apprivoiser et se connaître. Cela donnera lieu à une magnifique histoire d’amitié où chacun s’enrichit de l’autre.

Ce film marque la confrontation entre deux handicapés de la vie : Philippe qui souffre d’un grave handicap physique et Driss qui, lui, est un handicapé social. Pourtant entre les deux se forge une amitié solide, loin des conventions. Les spectateurs passent du rire aux larmes pendant ce long-métrage drôle et bouleversant, empreint d’une grande dimension humaine sans aucune fausse note. La première scène s’ouvre sur les notes du sensible Ludovico Einaudi qui accompagne chaque émotion. La bande-originale est extrêmement soignée et chaque choix se révèle juste et judicieux. Les musiques sont éclectiques, passant de Vivaldi à Earth Wind & Fire (où Omar Sy interprète une danse endiablée qui tranche avec le quotidien calme et monotone comme lors du concert de musique classique organisé pour l’anniversaire de Philippe). A noter quelques scènes très drôles comme la période d’essai de Driss lorsqu’il apprend à aider Philippe dans son quotidien ou encore lorsqu’ils vont à l’opéra. Le jeu des acteurs est exceptionnel, avec une sensibilité bienveillante sans jamais tomber dans le pathos. Et l’émouvante scène finale où Philippe fait face à son destin. Finement écrit, magistralement interprété, éblouissant de réalisme, ce film donne une belle leçon de vie où chacun se confronte à la vision d’un amour universel.

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