IDEM soulève un questionnement identitaire

La Compagnie Les Sans Cou s’installe pour deux soirs au Théâtre du Beauvaisis afin de présenter leur dernière création collective IDEM qui s’interroge sur l’identité personnelle, aussi bien individuelle que dans le groupe, et artistique.

photo du spectacle

Réunis en collectif autour d’Igor Mendjisky à la sortie de leur formation au Studio-Théâtre d’Asnières, dirigé par Jean-Louis Martin-Barbaz et au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, deux ans après leur spectacle fondateur J’ai couru comme dans un rêve, le groupe de jeunes acteurs dynamiques place l’identité au cœur de leur recherche artistique. Comme le souligne à juste titre le metteur en scène, il y a une véritable « volonté de faire un théâtre vivant pour rappeler au spectateur qu’il est lui-même en vie ».  Après avoir pensé ensemble, partagé leurs interrogations et improvisé sur le plateau, la compagnie a réussi à créer un spectacle à leur image avec pour point de départ l’histoire d’un homme qui se réveille amnésique après une prise d’otages dans un théâtre. Il devient alors  une page blanche, comme un auteur cherchant l’inspiration pour un nouveau personnage, ne sachant s’il était spectateur, acteur ou preneur d’otages.

A travers cette création vertigineuse se pose des questions existentielles dont le thème interpelle chacun d’entre nous : Qui suis-je ? Existe-t-il une différence entre ce que je suis et ce que les autres perçoivent de moi ?  Puis-je construire un avenir sans connaître mon passé ? Par ces questionnements se déroule l’histoire de la construction de soi, dans une très belle mise en abyme théâtrale, en suivant le destin de plusieurs personnes qui se recomposent sous le regard de l’autre pour enfin exister face au monde entier. Qui ne s’est jamais demandé qui il est réellement ? Il est évident que chacun de nous pourra tenter d’y répondre au fur et à mesure que le spectacle démêlera les bribes  de réponses.

Plein d’humour et de justesse, l’art est ici un véritable révélateur. Passant de la comédie à la tragédie, de la tension au rire, du malaise à la mélancolie, les huit acteurs, tous formidables, font preuve d’une très belle énergie et d’un redoutable esprit de troupe au jeu engagé. A l’aide d’ellipses, de retours en arrière, les moments de narration se superposent, les temps se confondent, à la frontière étroite entre le rêve et la réalité. Aucun temps mort durant les trois heures de spectacle racontant les errances de tous ces personnages en quête d’identité et de reconnaissance. Du pur théâtre, bouleversant, poignant, percutant et bousculant chacun au plus profond de soi !

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